Mettre en lumière l’IA appliquée à la supply chain

Dans un monde toujours plus complexe, l’IA permet de produire des analyses et des projections suffisamment fines pour accompagner les organisations dans leur quête d’agilité. Retour sur les bases de la technologie et ses atouts pour la supply chain.

Prévision des ventes, gestion des stocks, planification, ordonnancement… Comment anticiper les fonctions vitales de la supply chain dans un environnement instable et face à une demande qui devient volatile ? Parmi les réponses apportées figurent l’intelligence artificielle et ses branches les plus connues, le machine learning et le deep learning. Mais comment fonctionnent-elles ? Quels cas d’usages peut-on dégager ? Et quelles entreprises existent sur le marché pour servir ces besoins ? Pour répondre à ces vastes interrogations, quatre experts du secteur se sont succédés le 30 septembre dernier lors d’un webinar organisé conjointement par le Lab Digital de France Supply Chain et le cabinet Wavestone.


Démystifier l’intelligence artificielle
et comprendre la donnée

Pour démystifier le sujet, il faut d’abord le comprendre. Alors, qu’est-ce que l’IA ? Selon Ghislain de Pierrefeu, partner en charge du Machine Learning Data Lab chez Wavestone, il s’agit des capacités d’une machine à effectuer des tâches intellectuelles complexes auparavant spécifiques à l’Homme. Le machine learning, application de l’IA, donne quant à lui la capacité aux systèmes informatiques à prendre des décisions à partir de données apprises. Le deep learning dispose, lui, de la faculté à imiter le fonctionnement du cerveau humain dans le traitement des données et la création de modèles. Ce trio s’imbrique avec les domaines de la data science et du Big Data Analytics. Une fois ces notions intégrées, pour Ghislain de Pierrefeu, il convient alors de se poser la question : « ai-je de la donnée et comment la valoriser ? »

Car la donnée peut être de différents types et les algorithmes d’IA également. Ces derniers se divisent en deux catégories. La première, l’apprentissage supervisé qui consiste à développer un modèle prédictif en fonction des données d’entrée et des résultats. La seconde, l’apprentissage non-supervisé, part de données d’entrée, divisées en sous-groupes considérés comme homogènes : « Il s’agit ici de se baser sur la donnée pour constituer des clusters et analyser les orientations trouvées, via le bon sens humain et sa compréhension du métier », explique Ghislain de Pierrefeu.


De l’exploration à l’exploitation
de l’IA pour la Supply Chain

D’un point de vue pratique, ces algorithmes d’IA impactent positivement la gestion de la supply chain : sur la data, les prévisions de la demande, la stratégie commerciale mais aussi le réapprovisionnement des stocks, la partie supervision ou bien encore l’aspect prédictif. Venu étayer le propos de façon concrète, Ivan Baturone, responsable innovation Supply Chain chez Michelin, a notamment présenté le développement de SAAM (Stock Analysis & Alerting Machine), un outil consistant « à traiter le tsunami de datas supply chain pour la distribution de nos produits depuis nos usines vers nos entrepôts commerciaux. Nous avons développé des algorithmes de machine learning pour nous aider à détecter trois semaines avant une rupture de stocks d’un article sur un point de distribution. In fine, le Graal serait d’atteindre une supply chain qui s’auto-analyse et s’auto-régule ». Ainsi, sur 2019, grâce à SAAM, Michelin a notamment augmenté sa disponibilité « produit » de 7 points.


Un radar, un panorama et des échanges
autour de l’IA appliquée à la Supply Chain

Pour parvenir à atteindre ce niveau de maturité, comprendre l’IA et ses bénéfices, de nombreuses solutions sont disponibles sur le marché. Le radar établi par Wavestone et France Supply Chain a justement été créé pour donner un aperçu de ces dernières. Parallèlement, le Lab Digital de France Supply Chain, à l’origine de ce webinar, publiera très prochainement son panorama de la digitalisation 2020/2021.

Il est d’ailleurs toujours temps de répondre à l’enquête sur le site de l’association avant la publication des résultats le 17 novembre prochain à l’occasion du Supply Chain Event.

Deux webinars se tiendront par ailleurs, le premier en novembre pour sur le RPA (Robotic Process Automation) avec la participation de Michelin et le second en décembre, mené par Daher autour de la Supply Chain Innovation.

Ériger la Supply Chain comme force vitale de la transformation

Parce que la Supply Chain se transforme, l’ASLOG opère sa mue et devient France Supply Chain by Aslog. Des mots simples mais représentant avec exactitude la mission que l’association porte depuis maintenant près de 50 ans : représenter la Supply Chain, force vitale de la transformation, et ceux qui la font.

Du haut du 19e étage de la tour SAP située à Levallois-Perret (92), Fabrice Lundy, chroniqueur économique, trois membres du comité de direction de l’ASLOG : – Yann de Feraudy, son Président, Stéphanie Rott, Directrice production et Supply Chain du Groupe LVMH et Pierre Martin Huet, Directeur Groupe Supply Chain de Michelin -, se réunissent pour un échange inédit : le Supply Chain Day.

Nous sommes le 10 septembre 2020. Le monde vit, depuis plusieurs mois un épisode de crise sans précédent. Entré dans un « monde VUCA (Volatilité, Incertitude, Complexité et Ambiguïté) », comme le rappelle Yann de Feraudy, les entreprises vivent une incertitude multiple, à la fois géopolitique, stratégique et climatique, poussant à prendre des décisions justes et efficientes.

« La crise agit comme un révélateur. La Supply Chain, par nature transverse, est en interaction avec l’ensemble des autres activités de l’entreprise donc à même de mettre en œuvre la collaboration et l’alignement des objectifs. En ce sens, elle est un levier pour un monde durable »
démontre Stéphanie Rott.

Ainsi, dans cet environnement nouveau, la Supply Chain et ceux qui la font ont fait montre de toute leur importance. Après plusieurs mois de réflexion et d’actions concrètes, l’heure est à la transformation. Une transformation profonde de la part des entreprises mais également un changement intrinsèque pour l’association : un nouveau nom, symbole de sa montée en puissance et de la poursuite de ses ambitions pour le secteur.


De l’ASLOG à France Supply Chain

« Cette appellation dit mieux qui nous sommes, rappelle notre marque, cette vieille dame reconnue, et porte haut et fort nos couleurs », affirme fièrement Yann de Feraudy. Ces nouveaux nom et logo se veulent ainsi le symbole d’une évolution porteuse de sens, qualifiée de « volcanique » par Pierre-Martin Huet mais qui ne bouleversera cependant pas fondamentalement l’organisation de l’association : « Nous allons faire du neuf avec de l’ancien, conserver une équipe qui gagne et poursuivre nos efforts dans les mêmes directions. La force de France Supply Chain restera l’échange d’expérience, de bonnes pratiques ainsi que la recherche de solutions », affirme Yann de Feraudy.

Un travail que l’association mène notamment au travers de ses différents LABs. Un premier dédié au digital, dont la vocation est de « guider et éclaircir », comme l’explique Jean-Marc Soulier, partenaire chez Wavestone. Use cases, méthodologies, webinars, visites, livres blancs, mais également un second Panorama de la digitalisation des entreprises sont ainsi prévus en 2021.

Côté RH, alors que vient de sortir le tout premier Guide des formations supply chain en France, trois thèmes seront mis à l’honneur pour cette année : l’attractivité, le développement des compétences ainsi que la formation.

Concernant le LAB Intralogistique, Laurent Sabatucci, directeur associé d’EOL évoque des visites et des travaux théoriques dans un souci de veille sur l’ensemble des technologies déployées au sein de l’entrepôt. Enfin, Pierre-Martin Huet, porte-parole du LAB Durable « SupplyChain4Good » insiste quant à lui sur l’importance de « l’intelligence collective pour mettre en œuvre une Supply Chain durable. Nous réunissons par exemple plusieurs chargeurs et prestataires logistiques autour de la table avec l’idée de décarboner une ligne de fret tous ensemble. Autre exemple, durant la crise Covid-19, la décision a été prise de remettre en mouvement certaines Supply Chain en difficulté, comme celle des Restos du cœur… Nous sommes donc dans le concret, pas dans un vœu pieux », souligne-t-il.


Évoluer, échanger et sensibiliser autour de la Supply Chain durable

Et c’est justement dans un souci de concret que France Supply Chain a souhaité réaffirmer ses missions et priorités pour les années à venir. Au nombre de trois, elles s’illustrent par une volonté de sensibiliser à l’aspect stratégique et vitale de la Supply Chain – « Il faut être présents auprès des comités de direction et influer avec les formateurs et les pouvoirs publics », précise Yann de Feraudy ; de faire progresser le secteur mais également de faire évoluer ses concepts.

« France Supply Chain est un forum d’échanges dans lequel nous apprenons des uns des autres. Notre conviction profonde réside dans la performance pour un monde plus durable dans une logique end-to-end, des fournisseurs de nos fournisseurs jusqu’aux clients de nos clients. »

Et cette conviction infuse au cœur des organisations et des entreprises. Pour preuve, Gerald Karsenti en personne, président de SAP, venu annoncer l’entrée prochaine de l’éditeur au sein de l’association. Car à mesure que la Supply Chain gagne en visibilité, le réseau de France Supply Chain s’étoffe, fédérant d’ores et déjà 450 entreprises de toutes tailles (grands groupes, ETI et PME) et de tous secteurs d’activité. « Pour l’avenir, nous entendons entretenir notre énergie, la canaliser au travers de nos LABs et continuer à avancer sur cette route de la Supply Chain comme levier de transformation pour un monde plus durable », poursuit le président de France Supply Chain. « Apprendre plus vite et ensemble, tel est l’objet de France Supply Chain », conclut Stéphanie Rott.

Quand la supply chain veut changer le monde

Le 1er juillet dernier, l’ASLOG organisait un webinar pour lancer une démarche d’envergure, celle d’apporter une nouvelle vision de la supply chain au service d’un monde plus résilient, collaboratif, proche, agile et durable. Retour sur les fondements d’un projet nécessaire et ambitieux.

« Pour beaucoup, la crise aura été un véritable révélateur, ceux qui allaient moins bien vont plus mal, ceux qui se portaient bien vont encore mieux, à l’instar du commerce digital qui a véritablement explosé », entame Yann de Feraudy, président de l’ASLOG et deputy CEO opérations & IT du Groupe Rocher. Ainsi, si la crise sanitaire du Covid-19 a mis en évidence les forces et les faiblesses des organisations, elle aura aussi et surtout révélé le caractère essentiel de la supply chain. Une opportunité que l’ASLOG et ses membres veulent aujourd’hui exploiter afin d’amener les entreprises vers plus de résilience, collaboration, agilité, proximité et durabilité. Concrètement, ce webinar est donc l’occasion d’initier la démarche de transformation et de changement pour un monde meilleur, dans laquelle elle sera notamment accompagnée par la société Imfusio, experte de la transformation.


La performance durable au cœur de la supply chain du futur

Au travers de questionnements fondamentaux, l’ASLOG et ses membres entendent jouer sur les quatre leviers de performance durable : le service, le cash, les coûts ainsi que la RSE. « L’équilibre entre service, coûts et cash dépend du type de business opéré par l’entreprise. Et même en fonction des clients ou produits servis, on va chercher des équilibres et des modèles de supply chain différents. Chez Michelin, le critère de durabilité est au centre de ce triangle de performance », signale Pierre-Martin Huet, VP Global Supply Chain de Michelin et membre du comex de l’ASLOG. « Chez LVMH, nous positionnons la supply chain comme un levier de performance durable, au sens économique, environnemental et social du terme. Nous mesurons ainsi tous les enjeux de la supply chain en tant qu’organisation chargée d’aider à la prise de décision sous-jacente au pilotage du business », ajoute Stéphanie Rott, directrice production et supply chain de LVMH et également membre du comex de l’ASLOG.

Partant de ce postulat, comment l’ASLOG et ses membres comptent-ils agir et co-construire cette vision commune pour demain ? « Nous avons défini cinq convictions essentielles : le client, la résilience, la collaboration, les talents ainsi que l’impact positif au cœur de stratégies d’impact environnemental et sociétal », explique Pierre-Martin Huet. « La diversité au sein des groupes est clé. Au travers du principe d’intelligence collective, des différents points de vue, angles et horizons, nous allons aboutir à une vision des plus pertinentes », assure Audrey Saget de la société Imfusio.


De la vision aux actions

Concrètement, l’ASLOG passe de la parole aux actes depuis le début de l’été. Après ce webinar de lancement, quatre jours d’ateliers ont eu lieu début juillet et ont alimenté fin août deux nouveaux temps de réflexion. « Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolue mais nous voulons faire émerger des recommandations, animés par cinq moteurs : le souci du bien commun ; des valeurs de transparence et de collaboration ; la volonté d’agir ; de susciter le débat ainsi que la subsidiarité. L’ensemble des pistes explorées s’imprègneront ensuite dans nos différents labs », détaille Yann de Feraudy.

Le 10 septembre prochain, l’ASLOG s’adressera ensuite à ses parties prenantes, aux pouvoirs publics et aux sphères d’influence pour partager le fruit de son travail collectif. Une fois consolidé fin 2020, le projet se mettra en actions dès 2021, à l’occasion du Congrès de l’ASLOG. L’association réfléchit parallèlement à travailler, par le biais de son instance internationale, avec d’autres organisations européennes. Car l’objectif est bien là : faire que cette démarche dépasse les sphères de nos frontières pour en faire un projet tout aussi global que durable.

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