L’intralogistique au service de la performance

Le 17 octobre dernier, la commission Intralogistique a organisé, en partenariat avec le Grand Paris Sud, une journée de partage des meilleures pratiques en matière d’intralogistique.

La matinée a été ponctuée de conférences de divers intervenants :

  • Isabelle HAUTANT, Directrice et Pierre VEYER, Manager chez Argon Consulting
  • Vincent RICCI, Business Development Director, Supply Chain France, XPO Logistics
  • Justine BAIN-THOUVEREZ, avocate spécialisée en droit de l’énergie pour LLC Avocats & Associés
  • Franck LAMAS, Directeur R&D bâtiments logistiques au groupe IDEC

Les échanges se sont poursuivis l’après-midi par deux visites de sites : Sarenza et Showroom Privé.


L’automatisation,
au service du e-commerce

L’intralogistique est au cœur du développement du e-commerce. Les activités de picking pour des commandes individuelles sont beaucoup plus complexes que pour les commandes traditionnelles à la palette. L’automatisation influe tout particulièrement sur l’atteinte des performances.

L’augmentation capitalistique qui accompagne les projets d’automatisation conduisent à automatiser avec discernement, en sélectionnant les activités à fort enjeux sans chercher à tout automatiser. En particulier, la robotisation est appropriée pour les activités de picking et de préparation de commande en e-commerce, alors que les technologies traditionnelles sont souvent appropriées pour la logistique B2B traditionnelle (ie par palette).

Sponsorship, réalisme, implication des différents acteurs sont autant de facteurs essentiels à des projets complexes : projet d’entreprise, acteurs alignés, convictions partagées.

Un mini sondage proposé aux participants a mis en évidence les préoccupations usuellement rencontrées lors des projets d’investissement :

Qu’est-ce qui vous freine aujourd’hui pour lancer un projet de mécanisation ?


4 fondamentaux
pour une bonne implantation

Lors de sa présentation, Vincent Ricci a partagé 4 principes fondamentaux pour automatiser son entrepôt :

  • Être obsédé par la satisfaction client
  • Trouver du temps et de l’argent pour accéder aux nouvelles technologies
  • Maîtriser les data
  • Opérer les innovations

Satisfaction client

De nombreuses contraintes pèsent sur la Supply Chain pour répondre aux besoins clients, que ce soit B2B ou B2C :

Nouvelles technologies

Pour une entreprise logistique comme XPO, l’investissement dans les solutions technologiques représente 550 M$/an – ce qui reste bien moins que les investissements dans l’IT réalisés par les pure players.

La combinaison d’outils de gestion des transports (TMS) et d’entrepôts (WMS) est un must.

Utiliser la data

Les données ont un rôle central dans l’automatisation et l’optimisation des ressources, comme par exemple la captation des données via des IoT ou par l’intégration avec divers systèmes amont, combiner des données pour mieux prévoir la demande et saturer au mieux les capacités, faciliter les interactions avec les collaborateurs (mobiles) ou les robots pour bénéficier au mieux des automatismes.

Innovations

Les principales innovations portent sur des domaines tels que l’usine 4.0, les logiciels de gestion de commande, l’optimisation environnementale des emballages, automatisation des entrepôts… Il est également judicieux de faire appel à des 3PL qui ont la capacité de réaliser et rentabiliser les investissements nécessaires dans les technologies.

Avec ces solutions se profilent par exemple la réinternalisation des activités textiles à faible taux de MO, qui permettront la réalisation de petites productions au plus près pour optimiser les enjeux environnementaux.


Intégrer
la performance énergétique

Selon Franck Lamas, la performance énergétique est de plus en plus inscrite dans les entreprises, notamment avec la réglementation RT 2012-2020.

En revanche, les bâtiments vont être amené à consommer davantage, sous la contrainte du recours à l’automatisation, des recharges de véhicules électriques, de l’amélioration du confort du personnel avec des bâtiments plus éclairés, plus chauffés…

La réduction durable des consommations passe donc par un changement de politique énergétique. Les solutions performantes et durables existent, aux entreprises de mettre la performance énergétique au cœur de leurs préoccupations.

En termes d’énergies renouvelables, le photovoltaïque est très adapté aux entrepôts frigorifiques, avec un ROI même dans les régions peu ensoleillées. Cette technologie est appuyée par de nouvelles règlementations qui conduisent les entreprises à équiper leurs bâtiments de dispositifs photovoltaïques ou de toitures végétalisés. L’obligation est déjà en vigueur pour les nouvelles constructions supérieures à 1 000m²

Le chauffage représente une part croissante de la consommation des bâtiments, avec des technologies qui n’ont pas progressées depuis de nombreuses années. La géothermie est une solution très performante pour le chauffage des entrepôts avec en moyenne une diminution de 60% des consommations.

Mettre en lumière l’IA appliquée à la supply chain

Dans un monde toujours plus complexe, l’IA permet de produire des analyses et des projections suffisamment fines pour accompagner les organisations dans leur quête d’agilité. Retour sur les bases de la technologie et ses atouts pour la supply chain.

Prévision des ventes, gestion des stocks, planification, ordonnancement… Comment anticiper les fonctions vitales de la supply chain dans un environnement instable et face à une demande qui devient volatile ? Parmi les réponses apportées figurent l’intelligence artificielle et ses branches les plus connues, le machine learning et le deep learning. Mais comment fonctionnent-elles ? Quels cas d’usages peut-on dégager ? Et quelles entreprises existent sur le marché pour servir ces besoins ? Pour répondre à ces vastes interrogations, quatre experts du secteur se sont succédés le 30 septembre dernier lors d’un webinar organisé conjointement par le Lab Digital de France Supply Chain et le cabinet Wavestone.


Démystifier l’intelligence artificielle
et comprendre la donnée

Pour démystifier le sujet, il faut d’abord le comprendre. Alors, qu’est-ce que l’IA ? Selon Ghislain de Pierrefeu, partner en charge du Machine Learning Data Lab chez Wavestone, il s’agit des capacités d’une machine à effectuer des tâches intellectuelles complexes auparavant spécifiques à l’Homme. Le machine learning, application de l’IA, donne quant à lui la capacité aux systèmes informatiques à prendre des décisions à partir de données apprises. Le deep learning dispose, lui, de la faculté à imiter le fonctionnement du cerveau humain dans le traitement des données et la création de modèles. Ce trio s’imbrique avec les domaines de la data science et du Big Data Analytics. Une fois ces notions intégrées, pour Ghislain de Pierrefeu, il convient alors de se poser la question : « ai-je de la donnée et comment la valoriser ? »

Car la donnée peut être de différents types et les algorithmes d’IA également. Ces derniers se divisent en deux catégories. La première, l’apprentissage supervisé qui consiste à développer un modèle prédictif en fonction des données d’entrée et des résultats. La seconde, l’apprentissage non-supervisé, part de données d’entrée, divisées en sous-groupes considérés comme homogènes : « Il s’agit ici de se baser sur la donnée pour constituer des clusters et analyser les orientations trouvées, via le bon sens humain et sa compréhension du métier », explique Ghislain de Pierrefeu.


De l’exploration à l’exploitation
de l’IA pour la Supply Chain

D’un point de vue pratique, ces algorithmes d’IA impactent positivement la gestion de la supply chain : sur la data, les prévisions de la demande, la stratégie commerciale mais aussi le réapprovisionnement des stocks, la partie supervision ou bien encore l’aspect prédictif. Venu étayer le propos de façon concrète, Ivan Baturone, responsable innovation Supply Chain chez Michelin, a notamment présenté le développement de SAAM (Stock Analysis & Alerting Machine), un outil consistant « à traiter le tsunami de datas supply chain pour la distribution de nos produits depuis nos usines vers nos entrepôts commerciaux. Nous avons développé des algorithmes de machine learning pour nous aider à détecter trois semaines avant une rupture de stocks d’un article sur un point de distribution. In fine, le Graal serait d’atteindre une supply chain qui s’auto-analyse et s’auto-régule ». Ainsi, sur 2019, grâce à SAAM, Michelin a notamment augmenté sa disponibilité « produit » de 7 points.


Un radar, un panorama et des échanges
autour de l’IA appliquée à la Supply Chain

Pour parvenir à atteindre ce niveau de maturité, comprendre l’IA et ses bénéfices, de nombreuses solutions sont disponibles sur le marché. Le radar établi par Wavestone et France Supply Chain a justement été créé pour donner un aperçu de ces dernières. Parallèlement, le Lab Digital de France Supply Chain, à l’origine de ce webinar, publiera très prochainement son panorama de la digitalisation 2020/2021.

Il est d’ailleurs toujours temps de répondre à l’enquête sur le site de l’association avant la publication des résultats le 17 novembre prochain à l’occasion du Supply Chain Event.

Deux webinars se tiendront par ailleurs, le premier en novembre pour sur le RPA (Robotic Process Automation) avec la participation de Michelin et le second en décembre, mené par Daher autour de la Supply Chain Innovation.

IoT for Supply Chain : les enseignements du webinar mené par France Supply Chain et Wavestone

En projet pour certains, concret pour d’autres ou source d’interrogations pour les derniers, « l’IoT for Supply Chain » suscite l’intérêt du secteur depuis de nombreuses années. À l’occasion des « Rencontres du Digital », l’ASLOG/FRANCE SUPPLY CHAIN et le cabinet de conseil Wavestone sont revenus sur le sujet au travers d’un webinar dédié.

La crise l’aura prouvé. Malgré sa résilience, la supply chain doit encore développer sa vélocité, c’est-à-dire son agilité et son efficience, pour fonctionner de manière optimale malgré les perturbations. Et pour ce faire, l’IoT s’illustre comme un outil de taille. C’est autour de ce sujet que Marc Dauga et Pierre-Yves Audoy, respectivement Partner Supply Chain et Manager Manufacturing au sein du cabinet Wavestone ainsi que Francois Martin-Festa, VP Digital Customer Experience de Schneider Electric & Responsable Lab Digital de l’Aslog/France Supply Chain ont animé un webinar dédié le 24 juin.

L’objectif ? Partager les clés pour se poser les bonnes questions et effectuer le juste choix de solutions dédiées. « Avant tout chose, il est essentiel de partir d’un besoin métier, de le cadrer, d’alimenter un cahier des charges précis et de bien connaître l’écosystème des acteurs pour choisir le plus adapté à vos besoins », souligne Marc Dauga après avoir rappelé les grands principes de l’IoT for supply chain, à savoir la collecte et l’analyse de données depuis un objet IoT placé sur une unité de manutention (palettes, racks, bacs, produits).


Mieux comprendre
les briques technologiques relatives à l’IoT

Pour les trois experts, le constat est unanime, mener un projet IoT peut s’avérer complexe. Première difficulté, le nombre croissant d’acteurs proposant leurs services. Marc Dauga note ainsi « une croissance de 60 % en cinq ans du nombre de start-ups sur le secteur. ». Second challenge, comprendre et connaître la technologie qui évolue très vite. En plus des progrès technologiques continus, Marc Dauga identifie 3 grandes ruptures : le réseau 5G, le nano satellite ainsi que l’edge computing. Quant aux briques technologiques, elles se divisent en quatre :

  • L’objet IoT, sa durée de vie, son coût, ses conditions d’usage ainsi que sa capacité de collecte et de stockage.
  • Le réseau et transport de donnée et la nécessité de réfléchir à la distance entre l’objet le réseau, à son débit de données, à la consommation d’énergie ainsi qu’aux objectifs en termes de précision de la géolocalisation.
  • La plateforme IoT et son lieu d’hébergement, sa gestion du cycle de vie des objets dédiés, sa capacité à en intégrer de nouveaux types, à gérer une augmentation du volume de données ainsi que le nombre d’API qu’elle peut fournir.
  • L’application des données pour les cas d’usage, à savoir l’interface web ainsi que les outils supply chain de type TMS, WMS, MES…

Identifier et choisir le(s) bon(s) partenaire(s)
pour optimiser sa supply chain grâce à l’IoT

Une fois savamment sélectionnées et maîtrisées, ces briques donnent lieu à une solution IoT permettant d’adresser des cas d’usages ayant un impact vertueux sur la transformation de la supply chain. Marc Dauga évoque notamment le suivi des produits (en extérieur ou en intérieur), le tracing de ces derniers mais également l’amélioration de l’efficacité au travers de la gestion des inventaires, de la maintenance ou bien encore du pilotage de la performance énergétique des bâtiments. Et pour choisir au mieux ses prestataires et partenaires dans le démarrage d’un projet IoT, Wavestone a identifié environ 50 start-ups françaises intervenant sur le business, uniquement sur le marché BtoB, ayant au moins huit ans d’existence et moins de 50 salariés. « Ces éléments donnent des clefs permettant de se poser les bonnes questions, de mieux segmenter un projet suivant les 4 dimensions majeures de l’IoT et de dresser un panorama complet des start-ups françaises sur ce sujet », conclut Francois Martin-Festa.

Le white paper et le radar Wavestone-France Supply Chain sont disponibles sur le site web

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