Comment la blockchain ouvre la porte à de nouveaux cas d’usages dans la Supply Chain ?

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La blockchain connait un fort intérêt depuis plusieurs années dans plusieurs secteurs d’activité comme la finance avec les cryptomonnaies ou le monde de l’Art avec les NFT. Mais en quoi la blockchain permet-elle d’ouvrir les portes à de nouveaux cas d’usage dans la Supply Chain ?

Après la publication du Livre Blanc Supply Chain x Blockchain et un premier webinar en juin 2021 expliquant les principes de la blockchain et son utilisation dans la Supply Chain, le 8 juillet 2022 se tenait un deuxième webinar. Deux entreprises étaient présentes pour présenter leurs cas d’usages concrets de la blockchain dans leur Supply Chain.

  • Améliorer la traçabilité des chaines d’approvisionnement en mica afin de garantir un approvisionnement durable et éradiquer le travail des enfants
  • Autre exemple sur la traçabilité des 3TG (minerai)
  • Use case sur le lait et la traçabilité aval de ça supply chain pour rendre visible les flux et les stocks
  • Exemple d’augmentation de la transparence envers le consommateur

Réponses aux questions posées lors de cette conférence :

  • En quoi la blockchain permet l’auditabilité totale mieux que sans ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : un réseau blockchain agit comme une base de données décentralisée. Il permet à différents acteurs d’écrire de la donnée totalement indépendamment les uns des autres, et sans que personne ne puisse modifier la donnée écrite. Chaque donnée fait l’objet d’une signature électronique par l’expéditeur. Le réseau enregistre une empreinte de chaque donnée et la copie chez chaque participant. Ainsi chaque participant au réseau dispose d’une copie indépendante de ces empreintes (la base de données ou registre de la blockchain), qui constitue une preuve indépendante et inaltérable de l’envoi de chaque donnée, par qui et quand. Tous les envois de données sont donc auditables indépendamment, et ce sans tiers centralisateur ayant la capacité technique de modifier les données.

    Ceci n’est tout simplement pas possible à ce jour sans une technologie de type blockchain ou similaire.

  • La question de la traçabilité est-elle réfléchie avec les États ? Si l’on prend l’exemple de traçabilité notamment pour s’assurer que l’origine du produit n’implique pas le travail d’enfants, la blockchain ne résoudra pas le problème le fond.

    Olivier Dubourdieu (RMI) : En effet, la traçabilité n’est qu’un outil, servant un objectif d’éradication du travail des enfants. En soi, la blockchain ne résoudra rien toute seule. En revanche, la traçabilité (basée sur la technologie blockchain) est un excellent outil de mesure, de suivi et d’évaluation des progrès effectués vers une éradication complète du travail des enfants (et d’autres infractions des droits humains).

    Pour répondre à la première partie de la question, l’approche de la RMI se veut holistique. Ainsi, la question du travail des enfants est en effet discutée avec les États, mais l’initiative met en œuvre aussi des programmes d’accompagnement des communautés de mineurs artisanaux de mica, pour diversifier et améliorer leurs sources de revenus, pour garantir un accès à une éducation de qualité, pour garantir un niveau acceptable de santé et de nutrition, … Les causes du travail des enfants sont nombreuses et l’objectif de l’initiative est bien de les adresser toutes, efficacement. Une fois ces programmes mis en place, l’objectif est alors bien d’inclure les États dans la réflexion lorsqu’il s’agit de traçabilité et de suivi de performance, inclure les communautés aussi (via les coopératives, les groupements miniers…).

  • Avec l’approche Tilkal pouvez-vous tracer l’empreinte carbone de l’amont à l’aval ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : oui, Tilkal peut tracer des données d’émission carbone, comme tout autre type de données relatives à la chaine de valeur, de l’amont à l’aval. Nous traçons par exemple des données environnementales de ce type dans le cadre d’une offre verticale que nous avons développée avec un partenaire pour le secteur textile (Footbridge).

  • Possible de voir la PF traçabilité de Tilkal en live ?

    Olivier Dubourdieu (RMI) : malheureusement, la plateforme de la RMI contient déjà des données confidentielles, mais je suis sûr que Matthieu (CEO de Tilkal) pourra vous proposer une démo !

    Matthieu Hug (Tilkal) : avec plaisir ! Il suffit de nous contacter www.tilkal.com

  • Certains acteurs doivent vouloir protéger leurs informations, la blockchain est-elle 100% privée ou hybride ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : Surtout pas privée: une “blockchain privée” (càd contrôlée par un acteur unique) n’a par essence aucune propriété d’auditabilité car l’acteur unique qui la contrôle peut techniquement modifier toutes les données.

    Le réseau déployé par Tilkal est dit “permissionné”: son accès est réservé à des acteurs B2B identifiés et autorisés. Par ailleurs la confidentialité des données est totale car le réseau blockchain ne contient que des “empreintes” des données : celles-ci suffisent à l’objectif d’auditabilité, mais il est impossible à partir de ces empreintes de deviner le document originel.

  • Avez-vous quelques cas d’usage en agriculture, sur la manière dont sont cultivés certaines matières agricoles, ou élevés certains animaux ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : Oui plusieurs: collectes de lait, origine de laits végétaux (soja, amandes), poissons et crevettes, et transport de bétails (ovins, bovins, porcins, caprins) dans un pays africain.

  • Par qui et comment les informations sources (origine produit) sont-elles intégrées à la blockchain ? Le dispositif de traçabilité a-t-il nécessité d’équiper certaines parties prenantes ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : chaque partie prenante écrit les données qui la concerne. Ceci se fait selon différents modes selon le contexte: via API avec des systèmes existants ou via des application mobiles simples (fournies et adaptées au cas d’usage) ou via des formulaires web ou via des capteurs IoT. Vu des opérateurs qui saisissent les données, la blockchain est invisible.

  • Comment vous assurez vous que les informations rentrées par les fournisseurs sont fiables ? je peux très bien dire que je ne fais guère travailler les enfants alors que si ? Ça reste un outil qui marche difficilement de façon autonome.

    Olivier Dubourdieu (RMI) : Effectivement, côté RMI, cela reste un outil déclaratif, où la véracité de la donnée entrée n’est pas garantie. Cela dit, plusieurs garde-fous ont été mis en place pour s’assurer d’une donnée fiable :

    • Les données sont déclarées par tous les membres de la RMI, c’est-à-dire à la fois par les fournisseurs et par leurs clients. Nous sommes en mesure de comparer les données déclarées et d’identifier les potentielles différences.
    • La blockchain, parce qu’elle permet de garantir le lien entre la date, l’identité de la personne ayant partagé la donnée, et la donnée partagée elle-même, rend la donnée auditable. Ainsi, quiconque ayant un doute sur une donnée partagée sur la plateforme peut demander un audit de la donnée et identifier les éventuelles incohérences.

    Matthieu Hug (Tilkal) : voir sur Tilkal ici. 

  • Possible de voir la plate-forme de traçabilité RMI en live ?

    Olivier Dubourdieu (RMI) : malheureusement, la plateforme de la RMI contient déjà des données confidentielles, mais je suis sûr que Matthieu (CEO de Tilkal) pourra vous proposer une démo !

  • Qu’est que la technologie blockchain a permis, que n’aurait pas pu permettre le fait de ne pas utiliser la blockchain ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : auditabilité des données, qui permet de créer le mécanisme de preuve de traçabilté, qui est de plus en plus exigé par les nouvelles réglementations en Europe et aux US notamment (devoir de vigilance et renversement de la charge de la preuve). La plateforme Tilkal y ajoute suivi temps réel et partage conservant la confidentialité.

  • Quelle est la blockchain utilisée par cette plateforme ? Est-elle privée ou publique ?

    Matthieu Hug (Tilkal) : réseau blockchain déployé par Tilkal. 74 nœuds indépendants actuellement déployés, gérés par nos clients et certains de leurs fournisseurs. Il s’agit d’un réseau strictement B2B, dit “permissionné” (accès autorisé et authentifié, soumis à des terms of use).

  • Quel est le nom de cet outil digital svp ? Plateforme utilisée par Olivier.

    Olivier Dubourdieu (RMI) : nous utilisons la plateforme de traçabilité développée par Tilkal, qui est basée sur la technologie blockchain. Je suis sûr que Matthieu pourra vous en dire plus !

  • Peut-on dire que le digital (via la blockchain notamment) est un levier pour une transition vers une supply chain plus verte ?

    Olivier Dubourdieu (RMI) : la traçabilité basée sur la technologie blockchain permet (entre autres) deux choses : 

    • De mettre l’accent sur le fait que la solution face au travail d’enfants en amont d’une chaine d’approvisionnement est l’affaire de tous, que chaque acteur de la chaine partage une part de la responsabilité dans le problème, mais aussi et surtout dans la solution.
    • De suivre et d’évaluer les impacts des actions mises en œuvre par des acteurs de la chaine d’approvisionnement engagés dans la transformation.

    Matthieu Hug (Tilkal) : Pour parler de transition vers une supply chain plus verte, il faut être capable de mesurer la supply chain en permanence et bout en bout. Il faut donc être capable de tracer sa supply chain bout en bout, soit y compris en “scope 3” pour utiliser la terminologie liée aux émissions carbone. Or une telle traçabilité fait massivement défaut aujourd’hui, ou alors est très peu accessible et exploitable (papier). En ce sens le numérique (et notamment blockchain) permet de résoudre la question d’une traçabilité bout en bout, donc de mesurer la supply chain et d’évaluer son impact. 

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Les solutions digitales au service de mes opérations de transport

Expérience client, résilience, performance, environnement… Le transport est au cœur des défis de votre Supply Chain. Face à ces défis, vous êtes nombreux à accélérer la digitalisation de vos opérations de transport.

Pendant plusieurs mois, le Lab Digital Transport a récolté des données sur les outils digitaux que les entreprises utilisent pour les aider dans cette démarche de digitalisation.

Afin d’aller plus loin, France Supply Chain organisait à un webinar le 30 juin pour éclairer les entreprises sur les solutions possibles, les gains à atteindre et les bonnes pratiques. Un radar des offres disponibles, les résultats de l’enquête et des retours d’expérience concrets de Nexans et Lesieur étaient partagés lors de ce rendez-vous.

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Réponses aux questions posées lors de cette conférence :

  • Combien de transporteurs sont gérés dans le TMS ?

    Entre 30 et 80 transporteurs pour les cas présentés.
  • Combien de personnes gèrent la planification des OT ? Est-ce centralisé ?

    5 à 10 personnes gèrent la planification OT. La planification est centralisée pour Nexans.
  • Comment sont gérés les SPOTs dans votre TMS ? Avez-vous un prix marché ?

    Les TMS utilisés par Lesieur et Nexans permettent de demander des cotations spots aux transporteurs référencés.
  • Comment gérez-vous la gestion de back up en cas de refus du transporteur ?

    L’automatisation de l’affrètement permet d’atteindre un taux très élevé d’acceptation des OT par les transporteurs. En cas de refus, un TMS permet de prévoir un schéma ou un prestataire alternatif.
  • Quelles sont les limites de cet outil dans les décisions de l’opérationnel (anticipation, scénarios de décisions…) ?

    Ces outils automatisent et accélèrent le traitement des tâches réalisées quotidiennement par les opérationnels, mais aussi leur donnent le moyen de travailler par exception : les opérationnels peuvent ainsi se concentrer sur les actions qui nécessitent une intervention humaine.
  • Quelles utilisations sont faites des données récoltées et à quel horizon (semaines, mois…) ? Dans votre présentation, je n’ai vu aucune référence aux tableaux de bord et suivi d’indicateurs de performance (coût, qualité, délai, CO2…). Existe-t-il des dashboards dans ces différents outils ? Avez-vous des exemples à partager ?

    Les solutions digitales incluent en effet des tableaux de bord et le calcul de KPI. Les domaines couverts sont généralement les aspects Opérationnels (flux, qualité, ponctualité, remplissage…), Financiers (suivi du budget, répartition des coûts) et émissions de CO2.
  • Dans la multitude des TMS chargeurs (par exemple), comment choisir celui qui conviendrait, comment percevoir l’élément de différenciation entre un DDS, Generix, CJM… Pourquoi avoir choisi Oracle et DDS plutôt qu’un autre ?

    Quelques éléments de réponses apportés lors du webinar : les éléments de différenciation ne sont pas que fonctionnels. Evaluer également la capacité à s’intégrer au SI existant tout en satisfaisant aux normes de sécurité préconisé par l’organisation (qui elles-mêmes doit être compatibles avec le souci de performance imposé par les contraintes opérationnelles liées au transport). Prendre également en compte l’aspect projet et notamment les lead-times de déploiement annoncés par les différents offreurs.

    Le choix de Nexans (DDS) a été fait en 2004, je pense que nous avions d’autres critères à l’époque. Aujourd’hui le choix du bon outil est très important car très engageant, il faut impérativement définir le besoin en détail et avoir des données quantitatives relativement précises, l’implication de votre IT est également la clef du succès de la mise en place ! N’hésitez pas à échanger avec des utilisateurs.

  • Sur quelles ressources vous êtes-vous appuyés pour identifier les meilleures options devant ce nombre exponentiel de solutions modulaires ?

    Le radar liste les principales solutions disponibles pour les chargeurs sur le marché Français (il ne prétend pas être exhaustif), pour donner un premier éclairage sur le champ des possibles. Il repose sur l’expertise et la connaissance du marché apportées par les membres de France Supply Chain qui ont contribué à ce chantier.

  • En termes de traçabilité, avez-vous des retours d’information de vos transporteurs (Lot ou Messagerie) sur les événements de livraison notamment avant départ : Créneau horaire prévu de livraison. Après le départ : Retard éventuel avec nouveau créneau le même jour ou livraison reportée au lendemain

    Ces solutions digitales offrent différentes possibilités aux transporteurs pour faire ces retours : portail web, application mobile, EDI, plateforme de visibilité.

  • 10- Est-ce que Lesieur et Nexans utilise un système « Visibilité & Analytics » en plus de leur TMS (type Project 44 / Shippeo) ? Si oui, pourquoi ce choix et quel réel gain vs track & trace via le TMS. Quels critères de décision pour la sélection des outils de traçabilité/ tracking/ in-transit visibility (Project44, Shippeo, Wadeo …) et ces systèmes sont-ils intégrés avec le TMS ? Quel pourcentage de vos trajets arrivez-vous à tracer ?

    La connexion du TMS à un outil de tracking est prévue pour Lesieur et faite pour Nexans. Les critères de choix de ces outils sont généralement la couverture des modes de transport et le nombre de transporteurs déjà connectés. Ces outils de visibilité sont souvent connectés aux TMS.

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Comment faire face aux besoins en recrutement de talents Supply Chain ?

Avec la hausse de l’activité marchande et la pandémie, le marché du travail en Supply Chain a été bouleversé par des exigences candidats bien plus élevées. Fort de ce constat, les entreprises doivent réinventer leurs modes de recrutement et de management.

Notre Lab RH organisait le 21 juin une table ronde au cours de laquelle il partageait ses analyses et informations de référence concernant le recrutement. Acteurs de la Supply Chain, Directeurs RH, étudiants, enseignants, cabinets de recrutement … Tous étaient conviés !

Lors de cette conférence, les intervenants ont mis en lumière la dynamique sur le marché de l’emploi, les nouveaux débouchés et les méthodes pour attirer, fidéliser les talents en Supply Chain.

Cette table ronde a permis de connaitre :

  • Les types d’emplois en tension
  • Les moyens mis en place par les entreprises pour répondre aux attentes des candidats
  • La dynamique de l’enseignement et vision des étudiants sur les métiers en Supply Chain
  • Les pratiques, orientations et cultures d’entreprise pour favoriser l’attractivité des métiers

Questions posées lors de la conférence :

  • Existe-t-il une prise de conscience des entreprises sur le désamour vis-à-vis d’elles de la part des salariés générant une inflation galopante du turnover et des salaires associés, d’une part de la part des expérimentés usés et d’autre part par la jeune génération ? Quelles solutions sont mises en place pour mettre sous contrôle cela ?

    La question est riche ! Je ne partage pas l’idée d’un désamour général vis-à-vis des entreprises, mais il est vrai que la crise Covid, par la rupture qu’elle a occasionnée avec les lieux et habitudes de travail, a donné des envies de changement de vie à beaucoup de gens… Mais ils partent plus souvent pour une autre entreprise que pour ouvrir des chambres d’hôtes au bout de la France… Le marché de l’emploi étant particulièrement dynamique en termes d’offres, cela entraine effectivement en ce moment une accélération du turn-over et un certain phénomène de surenchère salariale. 

    L’entreprise classiquement s’adapte à très court terme en augmentant les salaires à l’embauche et en retenant les candidats au départ par des contre-offres salariales si ce sont de très bons éléments, mais se pose ensuite bien évidemment le problème de l’équité interne avec les autres collaborateurs qui eux travaillent sagement sans faire leur CV. La solution généralement mise en place par les DRHs réside d’une part dans des enveloppes globales d’augmentation qui se font plus généreuses quand le marché est à la hausse, et par un travail d’identification des meilleurs éléments, ceux que l’entreprise tient absolument à garder et à motiver plus particulièrement, et qui bénéficieront eux de mesures un peu exceptionnelles et de véritables rattrapages salariaux parfois. Le phénomène décrit dans la question de 2-3 ans d’expérience plus payés que des 7-8 ans d’expérience ne devrait pas se produire dans une gestion professionnelle des talents, sauf à ce que le 2-3 ans d’expérience soit doté de compétences pointues et rares sur le marché (on voit cela dans les métiers de l’IT) ou qu’il soit identifié comme ayant un potentiel d’évolution très fort. Dans ce cas, il peut être effectivement un peu « sur-payé » en début de carrière, mais parce que très vite il va prendre des responsabilités plus élevées que les 7-8 ans d’expérience…

    Quant à la « jeune génération venant consommer l’entreprise » sans retour sur investissement pour l’entreprise qui a investi sur eux… sans jugement de valeur, oui on constate qu’en tout début de carrière les jeunes envisagent souvent leur 1ère entreprise comme un module complémentaire de leurs études, avec une durée en poste(s) de 12 – 18 mois… avant de partir, soit dans une autre entreprise, soit très fréquemment aussi pour un projet personnel comme 1 an à l’étranger, ou l’engagement dans une ONG, … Cela pose effectivement pour les entreprises la question du ROI des programmes de type « pépinière » ou « young graduate »…

  • Avec la crise d’approvisionnement du Covid, le terme Supply Chain est devenu plus commun mais aussi synonyme des problèmes d’approvisionnement, ce qui parfois impacte encore plus l’attractivité pour le recrutement. Vos commentaires ?

    La presse généraliste, les médias et les hommes politiques ont massivement communiqué sur les problèmes rencontrés par les Supply Chains depuis le début de la pandémie. Même le Président Biden qui a longuement expliqué pourquoi les enfants américains allaient devoir attendre leurs jouets de Noël. À la suite de ces problèmes d’approvisionnement, les entreprises ont découvert l’importance vitale des femmes et des hommes qui sont dans les métiers de la Supply Chain. Avec ce regain d’intérêt, nous assistons aussi à une prise de conscience de l’existence de ces métiers par les étudiants. Nous avons donc depuis l’année dernière plus de jeunes qui veulent accéder à ces métiers.

  • Est-ce que le niveau d’implication d’une entreprise dans les domaines RSE est un critère de choix pour nos futurs jeunes diplômés ?

    Le niveau d’implication d’une entreprise en RSE n’est plus la bonne façon de qualifier l’action et les politiques des entreprises en termes de RSE. Aujourd’hui toute entreprise envoie une image aux jeunes diplômés. Cette image est surtout appréciée sous l’angle de la RSE ainsi que l’angle de qualité de la vie en entreprise. Si l’image n’est pas suffisamment attractive, les jeunes ne candidatent pas. Par conséquent, si une entreprise veut attirer les jeunes diplômés, elle doit pratiquer de vraies politiques de RSE et les faire connaitre.

  • Au même titre que le COVID a mis en lumière ces métiers, n’a-t-il pas changé les exigences nos jeunes talents ?

    Les changements observés vont concerner tous les métiers :

    • « meilleur équilibre pro -perso » avec une part de télétravail qui devient de plus en plus « acquise » autour de 2 jours / semaine.
    • La dimension RSE de l’entreprise. Le changement est que si la question était déjà posée « avant », les jeunes talents ne se contenteront pas d’une déclaration d’intention et challengeront sur la mise en place de ces engagements.
    • La réputation de l’entreprise, via des sites comme google review, glaasdoor, ou Job Teaser pour connaitre les valeurs de l’entreprise.
    • La question du sens aussi dans le job : plus de diversité et quel parcours proposé ? Attention, il faut préciser que ceci n’est pas tant le fait du Covid que d’un marché de l’emploi favorable qui permet un plus haut niveau d’exigences…
  • Quels sont les postes managériaux accessibles après diplomation ?

    Les postes accessibles après l’obtention d’un diplôme en Supply Chains sont très variés. On voit souvent des demande planners, des chefs d’équipes en logistique, des data analysts, des consultants, des membres d’équipes projets en intégration de nouveaux systèmes d’information, des acheteurs, des gestionnaires clients, gestionnaires d’approvisionnements…

  • En entretien avec un candidat diplômé de master Supply Chain, quelles sont les compétences/expériences critiques recherchées ?

    Si on parle d’étape nécessaires en vue d’un poste de Manager Supply chain : en Industrie, une expérience en S&OP et /ou planification est un prérequis, en logistique et transport pour les secteur de la distribution et de la prestation. Quel que soit le secteur, une expérience en chefferie de projet sera attendue ainsi qu’un vécu international ou a minima dans une équipe multiculturelle anglophone.
    Sur l’ensemble des expériences (ce qui s’applique aussi à de jeunes diplômés,) nous allons chercher les compétences suivantes : 
    orientation « résolution de problème» et résultat, relationnel interne/externe, influence, sens client « interne/externe », ouverture/curiosité.
    Pour des profils plus expérimentés avec une dimension managériale : intelligence émotionnelle, capacité à donner du sens,
    Et bien sûr… l’humilité

  • Vous n’avez pas parlé de la dimension internationale des métiers de la Supply Chain. Pourquoi ?

    On peut renvoyer à la dernière demi-heure de la table ronde où la question des carrières internationales a été traitée assez largement. Nous avons notamment souligné l’importance de maîtriser l’anglais, voire une 3e langue, l’intérêt fort des missions dès qu’elles intègrent la gestion d’enjeux multi-pays, et les possibilités de partir travailler dans un pays étranger, de plus en plus souvent en contrat local plutôt qu’en expatriation

  • Est-ce que nos université et écoles ne devraient-elles pas commencer à éduquer nos jeunes plus tôt qu’en Master ? Pourquoi pas une filière Supply Chain dès le début de la scolarité ?

    Une filière Supply Chain depuis le début n’a pas que des avantages. En effet, les étudiants qui la suivraient auraient nécessairement des lacunes concernant les autres fonctions de l’entreprise et pourraient considérer que les fonctions de marketing, finance, systèmes d’information, voire ressources humaines sont secondaires ou subalternes. Nous privilégions une formation généraliste en début de cursus afin de les aider à considérer la gestion de l’entreprise comme un tout avec ces différents aspects. En dernière année de Master, nous leur apportons le complément de formation théorique qui leur permet de voir en quoi les fonctions achats et Supply sont vitales et comment elles contribuent à la création de valeur dans l’entreprise. Un bon Supply Chain manager est un décisionnaire qui sait voir tous les aspects de l’entreprise, sait dialoguer avec les autres fonctions et emmener ses équipes vers une plus forte collaboration en interne et avec les partenaires externes. Les formations d’aujourd’hui sortent du modèle classique par l’accent donné à la digitalisation des processus et à la mise en valeur des talents individuels des futurs managers. Ceux-ci doivent pouvoir sortir du cadre habituel pour inventer de nouvelles solutions, appliquer de nouvelles méthodes, encourager et faire émerger de nouveaux talents.

  • Comment recruter des profils supply/logistique quand ce n’est pas le cœur de métier de l’entreprise ?

    « Vraie bonne » question… Si on parle des entreprises en dehors des secteurs de la distribution et de la prestation logistique transport, il s’agit à la fois de celles où il y le plus de diversité de métiers et en même temps celles où la fonction est parfois peu reconnue…Les besoins en Supply Chain, et donc les parcours sur les métiers, peuvent y être mal connus, les outils et/ou les ressources sous dimensionnés et les relations avec les « fonctions connexes » parfois compliquées.
    C’est justement dans ces environnements qu’il y a tant à faire et qu’on peut y trouver des projets passionnants !!  A condition d’une expertise technique, d’une confiance en soi, d’une intelligence émotionnelle et d’une bonne capacité d’influence qui passe par une capacité à donner du sens pour ses équipes, sa direction générale et les autres directions (commerce, achats, industrielle..)
    L’entreprise devra donc valoriser la diversité et la richesse des métiers (notamment S&OP / planification, pas ou peu présent dans les autres secteurs), l’intérêt et l’impact des projets.. rassurer sur les moyens engagés (actuels et à venir)… présenter lors des entretiens un Manager/directeur d’une autre fonction, ce qui eput éclairer sur l’état de maturité Supply Chain ou au moins de sa reconnaissance en interne.
    Enfin, ces entreprises disposent d’un atout énorme : les passerelles vers d’autres métiers, hors Supply Chain.

  • La voie de l’alternance reste-t-elle la voie royale pour accéder aux postes Supply Chain ?

    La voie de l’alternance a le vent en poupe car elle permet aux entreprises de participer à la formation professionnelle des futurs collaborateurs. En France cette voie de formation est extrêmement contrainte par le cadre réglementaire et il est possible que les gouvernements et les partenaires sociaux fassent évoluer sensiblement ce cadre. Cette voie, aujourd’hui royale, pourrait ne plus l’être. Les autres voies pour entrer dans les carrières en Supply Chain existent aussi et sont toujours bien pratiquées par un nombre important d’entreprises tant françaises qu’étrangères.

  • En termes d’expérience ? Vous préférez recruter plutôt des juniors, des seniors ?

    Ma réponse est « De tout » ! La croissance du secteur est telle que les besoins sont importants à tous les niveaux, et, les politiques D&I aidant, associées à des carrières de plus en plus longues report de l’âge de la retraite oblige, un senior (dont on peut rappeler que l’âge légal est de 45 ans !!!) a aujourd’hui toute sa place, à une condition, travailler son employabilité : se former, maintenir sa motivation et sa capacité d’adaptation, autrement dit, « rester jeune dans sa tête », et, peut-être, parler au recruteur de sa passion pour son métier plutôt que du nombre de trimestres restant à faire avant la retraite… 

  • Comment FM a travaillé son expérience candidat « concrètement » pour être 4ème France ?

    Les candidats qui nous ont plébiscité traduisent déjà le sentiment d’un processus de recrutement plutôt agréable. Nos recruteurs et nos managers font naturellement passer dans leur façon d’être avec les candidats les « codes comportementaux » de la culture FM, par exemple de la simplicité dans la relation, de la transparence (puisque la confiance est notre première valeur), et un questionnement généralement dénué d’agressivité ou de mise sous tension des candidats. Ce qui n’empêche pas d’effectuer le travail d’évaluation.

    En présentiel, les candidats soulignent aussi la convivialité qu’ils perçoivent dans l’entreprise, quand ils attendent à l’accueil, ils voient que tout le monde se dit bonjour, on leur offre un verre d’eau ou un café. Cela paraît fou sans doute de noter cela comme différenciant, mais c’est sûrement que ce n’est pas le cas partout …. 

    Après, oui, nous faisons attention à la qualité de notre process, nous faisons au mieux pour que les candidats aient des réponses, sachent où en est le processus de décision, si nous leur proposons un questionnaire d’évaluation de leurs compétences ou de leurs motivations, nous leur donnons toujours un feed-back, nous sommes clairs et précis sur les offres salariales, et dans une recherche de relation équilibrée, gagnant-gagnant et de long terme. Nous ne sommes pas parfaits bien entendu et il y a des ratés, mais peut-être moins qu’ailleurs ?

    Puis et surtout je devrais dire, nous soignons l’arrivée des nouveaux embauchés, avec par exemple un petit colis d’accueil, un mot écrit du manager, de multiples rencontres pour connaître ses collègues et clients internes, un parrain ou « buddy » sur qui s’appuyer les premiers mois, pour s’intégrer et se créer son réseau interne, et des formations dès les premiers jours. Là encore, rien de « rocket science » mais de l’attention portée à la personne, avec l’envie sincère de lui donner toutes les chances de réussir et le sentiment que nous sommes heureux de la compter parmi nous.

  • Sur quel site d’emplois retrouvons-nous le plus de candidats cadres ?

    Vous pouvez retrouver davantage d’emplois cadres sur les sites Apec et Cadremploi.

  • Est-ce que la tendance RH actuelle est davantage orientée vers le recrutement en CDI et CDD ou vers l’interim ?

    Les chiffres officiels (Pôle emploi) annoncent 71% de CDI et CDD+de 6 mois pour les projets de recrutement en 2022.
    Depuis 2021, à l’échelle de notre cabinet, pour les postes en Supply Chain, les besoins de nos clients en CDI ont augmenté bcp plus vite que les missions d’interim. (+40% VS +15%).

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France Supply Chain renforce son implication pour une supply chain durable levier de transformation pour une entreprise full RSE à l’horizon 2030

La RSE est plus que jamais au centre des préoccupations des entreprises. Entre pandémie, conflits géopolitiques et changement climatique, la RSE met aujourd’hui les entreprises face à leurs responsabilités et les fait s’interroger sur leurs organisations pour les années à venir. 

Partant de ce constat, L’Institut de l’Entreprise, PwC France et Maghreb, et la FNEGE (Fondation L’Institut de l’Entreprise) ont coordonné une étude, «L’Entreprise Full-RSE à horizon 2030», visant à comprendre comment intégrer la responsabilité sociale, sociétale et environnementale des entreprises à tous les niveaux de leurs organisations. 

De la prospective à la pratique

 Entre septembre 2020 et novembre 2021, dans une démarche partenariale inédite, 10 associations professionnelles de référence*, réunissant plus de 240 témoins, issus des directions de plus d’une centaine d’entreprises, et 30 experts académiques, ont participé à 10 ateliers de «design fiction», consistant à se projeter dans des futurs plausibles pour se questionner sur les orientations à prendre dans le présent. 

FRANCE SUPPLY CHAIN, l’interlocutrice de référence sur toutes les questions relatives aux enjeux de la chaîne d’approvisionnement et impliquée depuis de nombreuses années pour des Supply Chain durables, se réjouit d’avoir contribué à cette étude.

 Pour Yann de Feraudy, Président de France Supply Chain : 

 En 2030, la fonction Supply Chain devient plus centrale et visible. Dans la mesure où elle touche 60 à 80% de la structure de coût, elle est un des leviers majeurs de la transformation de nos entreprises. Elle couvre nombre d’activités depuis le sourcing, jusqu’au recyclage des produits en passant par les achats, l’approvisionnement, la planification, la production, le stockage et le transport… Cette position centrale et transversale aligne les fonctions Achats, Industrielles et Logistiques vers une même vision stratégique et opérationnelle. 

Une entreprise full RSE définira une politique d’approvisionnement et en demandera l’exécution conjointe par ses services Achats et sa fonction Supply Chain… Celle-ci se dotera de moyens technologiques de plus en plus pointus pour assurer une meilleure visibilité et traçabilité sur toute la chaîne en optimisant le service et l’utilisation, voire la réutilisation, des ressources pour préserver la planète. Elle devra collaborer avec les parties prenantes internes, mais aussi externes à l’entreprise, mobilisant tout son écosystème. 

Ces ateliers ont souligné les difficultés qui « font obstacles », nous pensons qu’il faut regarder au-delà en s’appuyant sur les changements en cours qui fonctionnent et tracent des lignes pour l’avenir ! 

La fonction Supply Chain full RSE sera : Centrée sur le Client, plus Résiliente, toujours plus Collaborative (parfois même avec des concurrents) ainsi saura-t-elle mieux recruter et développer des Talents et avoir un impact positif sur la planète.

*L’Institut de l’Entreprise, PwC, la FNEGE, l’ANDRH, l’ADETEM, le CIGREF, le CNA, la DFCG, Entreprises & Médias, France Supply Chain, l’IFA, et l’ORSE 


À propos de France Supply Chain

Dans un monde de plus en plus complexe, faire de la Supply Chain un levier pour un monde plus durable est un enjeu essentiel pour toutes les entreprises. C’est pourquoi France Supply Chain apporte des solutions pertinentes à tous les acteurs de la Supply Chain, grâce à son réseau de 450 entreprises affiliées et une démarche reposant sur l’intelligence collective.

Contact presse : CLC Communications

Gilles Senneville et Laurence Bachelot

01 42 93 04 04 
g.senneville@clccom.com
l.bachelot@clccom.com 

Engins de manutentions : Comment répondre aux enjeux énergétiques de l’entrepôt d’aujourd’hui et de demain ?

Dans un contexte où les entreprises mettent en place des solutions pour réduire leur consommation d’énergie et leur empreinte carbone, l’intralogistique suscite de plus en plus d’intérêts. Aujourd’hui avoir une intralogistique optimisée et agile représente un avantage concurrentiel. Les entreprises sont à la recherche de nouvelles technologies, sources d’énergies pour plus d’efficacité, de rentabilité et de durabilité.

Le 31 mai, France Supply Chain organisait un webinar avec les entreprises EOL, Fenwick, Evolis Sympo et Andine pour découvrir quelles innovations mettre en place pour sa flotte d’engins de manutentions (replay webinar ci-dessous).

Supply Chain x Cybersécurité

Le 22 avril 2022, au sein du Lab Digital, France Supply Chain et Wavestone publiait le Livre Blanc Supply Chain x Cybersécurité, dédié aux problématiques du risque digital, un enjeu majeur pour la Supply Chain. Après plusieurs mois de travaux sur cette thématique, le 15 avril nous avons organisé un webinar pour présenter la publication, que vous retrouvez à la fin de cet article.

Décarbonation Supply Chain : Collaboration The Shift Project x SupplyChain4Good

En 2021, nous avons rédigé un manifeste pour une Supply Chain durable et notre objectif est d’avoir un document vivant que nous enrichissons en continu en fonction des expériences et projets de nos membres.

Nous souhaitons ouvrir nos travaux vers d’autres associations de référence qui œuvre aussi pour la décarbonation de l’économie. Dans ce cadre, des échanges ont été initiés avec « The Shift Project ».

Accélérer la transition énergétique de la Supply Chain

L’urgence climatique, couplée à la crise du covid, révèle l’importance de décarboner les énergies produites et consommées, et de développer les circuits courts énergétiques. Au-delà du sens de l’histoire, il y a les contraintes réglementaires liées aux enjeux de l’investissement durable et aux besoins énergétiques des territoires. Ce contexte, en proie à des obligations européennes ambitieuses de généralisation d’énergies vertes, place la Supply Chain comme productrice et source d’énergies pour les territoires.

Le 22 mars France Supply Chain organisait une conférence avec le cabinet LLC avocats pour savoir comment agir sur les enjeux énergie carbone. L’objectif de cette conférence était de dépasser les contraintes réglementaires en faisant ressortir les bénéfices environnementaux et économiques des projets énergétiques en regard des spécificités de la Supply Chain.

Durabilité des entreprises : appréhender et s’appuyer sur la taxonomie européenne

Rendre les entreprises encore plus fortes et résilientes. C’est l’objectif de la taxonomie européenne instaurée en 2020. Cette dernière se définit au travers d’une classification des activités économiques dites «vertes». Tour d’horizon et explications guidées par Luca Silipo, dirigeant de GEODIS et créateur du GEODIS WorldLab.

Sujet complexe mais essentiel depuis sa mise en place en 2020, la taxonomie européenne a pour but d’inciter financièrement la transition durable des entreprises basées dans l’UE et leur fournit un cadre pour se positionner à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique. Nécessitant un effort comptable important, elles concernent les sociétés de plus de 500 salariés ayant déjà l’obligation de communiquer sur leur reporting extra-financier et leur impose de préciser la part de leur chiffre d’affaires, investissements et dépenses dans des activités dites « vertes ».

Omnicanal

L’omnicanalité en supply chain : comment s’organiser ?

Catalyseur et accélérateur des comportements des consommateurs, la crise de la Covid-19 a poussé les entreprises à développer leur stratégie omnicanale. Zoom sur les bonnes pratiques à appliquer dans le nouveau webinar organisé par France Supply Chain avec le concours du cabinet de conseil Diagma, accompagné de deux géants dans leur domaine : Decathlon & Sephora.

Soigner sa supply chain omnicanale de l’amont à l’aval

Des e-commerçants de plus en plus performants, une offre en constant développement, une disponibilité produit accrue, le tout dans des centres-villes de moins en moins accessibles et face à des clients de plus en plus matures : tels sont les facteurs qui poussent vers l’omnicanalité et la nécessité de penser sa supply chain globalement. En amont – sur les achats, la prévision des ventes, l’approvisionnement, la gestion des stocks, la préparation de commandes et l’expédition – mais aussi sur l’aval via le transport, les retours et le SAV, il convient de savoir structurer et organiser sa supply chain pour répondre aux besoins des consommateurs, sur des réseaux physiques et/ou digitaux :

« Dans un monde omnicanal, il n’y a pas une mais des supply chains, l’omnicanalité représente une imbrication des frontières entre les canaux. Il convient donc d’apporter une réponse unique à un consommateur qui navigue entre les canaux et de lui offrir une expérience sans couture. Voilà le défi auquel sont confrontés les distributeurs. La supply chain répond à ces besoins mais est aussi active et moteur dans l’élaboration de la proposition de services, et contribue ainsi de façon directe au développement du business », explique Olivier Dubouis, partner chez Diagma.

De bonnes pratiques pour une expérience omnicanale sans couture

  • Chez Decathlon, Thibault Vandenberghe, chief supply officer en charge de la supply pour le retail et la transformation digitale, évoque un premier angle d’attaque pour réussir le pari de l’omnicanalité : penser à son assortiment, « à ce que l’on vend et à la façon de structurer l’offre ». Il insiste également sur le réseau de distribution : « il est nécessaire de proposer des services adaptés par rapport à la typologie de l’offre. Chez Decathlon, nous avons posé les différents scénarios, mis en place les solutions industrielles et laisser les commerçants exploiter ces solutions pour nous dire ce qui fonctionnait le plus afin de continuer à apprendre. En témoigne par exemple la mise en place de système de drives durant la Covid. »

  • Pour sa part, Adrien Homolle, directeur transformation supply chain chez Sephora, ajoute deux aspects pour se démarquer : la personnalisation client et l’innovation. « Plus de 250 marques et 40 000 références aux spécificités propres imposent de pouvoir apporter un niveau de service et une disponibilité produit exigeants. Nous y répondons via différents types de de livraison : classique, express, click and collect mais aussi via des services associés supplémentaires comme la gravure ou le smart sampling. Le client drive le besoin vers des solutions pragmatiques et adaptables. Pour y répondre, plusieurs mix sont à prendre en compte : scalabilité, flexibilité, coût, qualité de service… »

Industrialisation logistique, personnalisation client et adaptabilité, clés d’une stratégie réussie

Enfin, tout en évoquant leurs expériences et leurs projets, les deux experts égrènent encore quelques précieux conseils : assurer une parfaite exécution des opérations, apporter des éléments de différenciation au client, penser l’industrialisation de ses outils logistiques, dimensionner les solutions de mécanisation en fonction des fluctuations du business et du comportement évolutif du client mais également analyser la transformation des métiers logistiques et appréhender la question du retour. Une organisation exigeante que les acteurs de la supply chain intègrent, mettent en œuvre et optimisent chaque jour au service du client final.

Pour visionner l’intégralité du webinar et en savoir plus sur les stratégies omnicanales de Decatlhon et Sephora :

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ÉVÈNEMENTS


PRESSE

Questions posées pendant le webinar

  • Concernant la partie adaptation des SI – nous héritons de 20 ERP différents sur l’Europe ce qui nous empêche d’avoir des DC pour nos clients, donc besoin d’entrer dans le monde complexe de l’order orchestration layer

    Decathlon : Même avec un environnement relativement standard, il y a de grands chantiers pour rendre possibles ces nouveaux schémas. Cela nécessite à long terme des refontes et une organisation plus modulaire de nos SI par produit et équipes en mode agile.

    Sephora : Nous avons fait le choix d’un ERP (SAP) en core model, un OMS, un front. Malgré cela, nous avons toujours d’autres systèmes à connecter (WMS…) qui nécessitent une adaptation constante de nos schémas IT.

  • « Le consommateur exige ce que le citoyen refuse »… comment gérez-vous les équilibres délais – CO2 ?

    Decathlon : Notre objectif est de rendre visible la data environnementale dans les choix des clients pour les rendre acteurs (Affichage sur le produit, sur les services).

    Sephora : Pour nous, la livraison la plus rapide est la moins « couteuse » en CO2 : le Click & Collect ; en effet, nos magasins de centre-ville sont majoritairement livrés en Green (électrique ou GNV). Nous sommes sinon en réflexion sur les attentes consommateurs en termes d’information CO2 vs. type de livraison.

  • Comment avez-vous réadapté votre SC sur la partie reverse (retour, échange…) ?

    Decathlon : Encore beaucoup d’apprentissages sur l’expérience du retour chez Decathlon, la reverse logistique est encore à ses débuts.

    Sephora : La partie retour pour les magasins a été développée depuis de nombreuses années : avec notamment de la revalorisation des produits ou packagings utilisés et retournés par nos clients en magasin. Pour les retours web : ces derniers peuvent être faits en magasin ou directement par transporteur ; ce dernier point est encore en cours d’amélioration, bien qu’il représente un taux très faible en France.

  • Quels indicateurs clefs suivez-vous afin de mesurer la performance Supply Chain de vos offres omnicanales ?

    Decathlon : La disponibilité produit, la rotation des actifs et la réduction de l’impact environnemental sont les 3 indicateurs clés de la transformation (Pour l’efficience c’est bien le triptyque Coût, Qualité, Délai).

  • Quels sont les critères qui ont conduit à l’internalisation des dépôts (Décathlon) et externalisation (Séphora) ?

    Decathlon : Nous avons investi sur ce métier depuis la création, nous travaillons avec des partenaires mais le choix de savoir-faire reste selon nous déterminant pour être innovants et différenciants.

    Sephora : L’externalisation de nos partenaires logistiques est historique ; mais nous avons un nombre restreint de partenaires de manière à gagner en synergie et en rapidité de mise en place de nouveaux outils.

  • Les indicateurs chez Decathlon sont-ils des paramètres de choix dans la solution de livraison au client ? (Expédition du produit là où il est dispo versus au plus près même s’il part de points différents ; au plus rapide versus au plus économique…)

    Decathlon : La priorité est d’abord la disponibilité, ensuite nous proposerons à la cible 3 scénarios pour le client : moins cher, plus rapide, moins d’impact environnemental.

  • Avez-vous des entités juridiques différentes dans votre réseau qui vous ont amené des questions sur les marges, qui porte le stock, les refacturations internes, les retours physiques… ?

    Decathlon : Oui, ce sujet est important à prendre en compte car dans un modèle en plus de market place les options sont encore plus nombreuses.

    Sephora : Oui, nous avons des entités juridiques différentes par pays.

  • Quelles technologies OMS utilisez-vous ?

    Decathlon : Les technologies choisies sont développées par nos équipes digitales, une partie des composants sont ceux des éditeurs de nos sources de stock.

    Sephora : Nous utilisons Order Dynamics comme OMS, en lien avec Salesforce et SAP.

  • Quelle solution technique utilisez-vous pour l’omnicanalité ?
    Notamment pour la gestion des stocks disponible à la vente mini-entrepôts.

    Decathlon : Le travail d’accessibilité des stocks magasins, entrepôts est gérée dans l’application du site web. Nous sommes limités aujourd’hui avec les choix de scénarios et aussi cela oblige à gérer cette intelligence dans tous les fronts. Un travail d’architecture technique est en cours pour désolidariser l’affichage de la promesse des modules de calculs de scénarios et de rendre ces fonctions compatibles avec un nombre infini de source de stock. C’est un projet en cours de déploiement prévu en 2022.

  • On parle beaucoup de ROPO. Comment gérez-vous les données de recherche produit sur le web sur les stocks magasins ?

    Decathlon : Nous affichons dans nos parcours les stocks des magasins. Si le client décide de finaliser son parcours d’achat en magasin sans le gérer en Click & Collect 1h, c’est la data d’identification du client qui nous permet de réconcilier recherche et achat. Nous n’avons pas de suivi journalier de ces datas mais cela se fait.

    Sephora : Nous prenons en compte les stocks magasins et entrepôts lors du parcours client sur notre site web, celui-ci se voyant proposer des finalisations d’achat en/à partir d’un magasin (C&C ou SFS) ou livraison.

  • Vous avez parlé de baisser de 45 % en 3 ans l’impact du transport sur l’environnement. Quels indicateurs suivez-vous pour piloter la réalisation de cet objectif ?

    Decathlon : Nous détaillons cet objectif avec les indicateurs de choix des modes de transport, de l’évolution des énergies de ces mêmes transports, des kms parcourus, du taux de remplissage de nos camions.

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