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Ils ont choisi le transport fluvial : comment ont-ils fait?

Le 4 novembre dernier, la Région Île-de-France nous a accueilli pour une matinale entièrement dédiée au transport fluvial. Autour de la table, VNF, IKEA, Les Mousquetaires, Point P, CEVA Logistics, Paris Terminal et Haropa Port ont partagé leurs pratiques, leurs gains et les leviers qui rendent ce mode de transport décisif pour la chaîne logistique.

Le fluvial au cœur des stratégies : ils racontent

Le transport fluvial s’impose comme un levier de performance pour les entreprises qui cherchent à stabiliser leurs flux et à réduire leurs coûts. Lors de cette matinale, les intervenants ont rappelé que la décarbonation n’est qu’un bénéfice supplémentaire : la véritable traction vient des gains opérationnels et économiques. Notre président l’a clairement indiqué : pour convaincre, il faut d’abord démontrer la valeur business avant de parler d’impact carbone.

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Les Mousquetaires utilisent la Seine pour lisser l’arrivée des conteneurs et réduire les pénalités liées aux congestions portuaires.

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Pour intégrer le fluvial dans ses process et fiabiliser les délais CEVA s’appuie sur cinq piliers internes :

  • Détection des flux
  • Formation
  • Proposition systématique
  • Cellule dédiée
  • Comité mensuel

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IKEA a démontré qu’un corridor fluvial quotidien combiné à un dernier kilomètre électrique peut livrer plus de 180 000 clients tout en retirant 18 000 camions de la route.

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Point P s’appuie sur des péniches dédiées afin de massifier sa logistique fluviale d’agrégats et de blocs, évitant ainsi 2500 camions. A noter que le post acheminement a été internalisé pour contourner les contraintes sur les produits à faible valeur.

Dans tous ces cas, le report modal fluvial transforme un pic logistique en un flux régulier, ce qui réduit la pression sur les entrepôts et limite les congestions. Les entreprises citent aussi une meilleure résilience face aux aléas : la disponibilité du réseau fluvial dépasse 99 % sur l’axe Seine.

intervenante au micro dans l'hémicycle lors de la matinale dédiée au transport fluvial

Créer un écosystème multimodal intégré : la condition du succès

Le transport fluvial ne fonctionne pas en silo. Son efficacité dépend de la coordination de toute la chaîne, du port maritime au dernier kilomètre. Les différentes interventions ont démontré que la réussite d’un report modal repose sur quatre éléments : une infrastructure fiable, une flotte modernisée, des services portuaires adaptés et une demande client structurée.

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Côté infrastructures, la Région Île-de-France et l’État ont engagé des investissements lourds : 82 M€ depuis 2015 sur les ports, les voies ferrées portuaires, les écluses, les barrages, les quais partagés et les plateformes multimodales.

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VNF porte aussi une stratégie décennale, financée à hauteur de 300 M€ par an via l’AFITF, pour régénérer et fiabiliser le réseau.

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Haropa Port investit dans des infrastructures pour fluidifier les accès à Port 2000 et renforcer le maillage fluvio-maritime.

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Paris Terminal, développe une navette Gennevilliers–Bonneuil (prévue pour 2026) et des connexions rail/fluvial.

Zoom sur les dispositifs financiers pour accompagner les projets

  • PARM pour les études et expérimentations,
  • PAMI pour la modernisation de la flotte (environ 6 M€/an, 60 projets),
  • REMOVE/CEE pour les nouveaux trafics (38,5 M€ jusqu’en 2027).

Les terminaux multi-compagnies ou les solutions mutualisées démontrent que la logistique fluviale progresse quand les acteurs construisent ensemble. La Région Ile de France a souligné que les projets les plus emblématiques tels que Notre-Dame ou le Grand Paris reposent précisément sur cette co-construction entre partenaires publics et privés.

Les grands enseignements à retenir

  • Les gains les plus forts ne viennent pas du coût du transport lui-même, mais des coûts cachés évités et de la flexibilité opérationnelle obtenue.

  • Les franchises de stockage offertes par les plateformes fluviales permettent de réduire les frais de stationnement et d’absorber les aléas du maritime.

  • Le fluvial transforme la distance en avantage stratégique 

  • La viabilité économique dépend d’une vision globale de la chaîne qui peut représenter la moitié du coût total.

  • La logique n’est pas d’opposer des modes de transport mais de construire une chaîne optimisée de bout en bout qui permettrait de réduire les risques, d’améliorer la régularité et de renforcer la performance globale.

Un grand merci à Laurène MATZEU DE VIALAR pour avoir animé cette matinale d’une main de maître ainsi qu’à tous les intervenants : Yann DE FERAUDY, Muriel Saccoccio, Eloi FLIPO, Jean-Marie PETITDIDIER, Emilie CARPELS, Laurent HELARD, Camille CONTAMINE, Céline MANTOUX, Virginie ALLILI, Jacky GABRIEL, Nathalie WOOCK et Claire AUBREE.

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Solution stratégique qui répond aux problèmes de Supply Chain

La circularité comme solution stratégique de mitigation des risques supply chain

L’interconnexion entre gestion des risques et pratiques de supply chain circulaire fut au programme de la dernière réunion de la Communauté des Risques de France Supply Chain. Cette session, animée par Jonathan Lecluze, manager spécialisé en supply chain circulaire chez Citwell, avait pour objectif d’explorer, grâce aux échanges entre les participants, dans quelle mesure la circularité constitue une solution proactive face aux risques auxquels les supply chains sont confrontées.

Cette rencontre entre professionnels de différents secteurs industriels a révélé des enseignements majeurs sur la transformation nécessaire de nos modèles économiques pour faire face aux défis géopolitiques, environnementaux et réglementaires actuels.

Des vulnérabilités critiques qui appellent un changement de paradigme

Le 9 octobre 2025, la Chine annonçait des mesures extraterritoriales en matière de traçabilité des terres rares. En pratique, tout produit contenant plus de 0,1% de terres rares chinoises devrait faire l’objet d’une demande de licence pour être exporté de Chine ou bien d’un pays tiers vers un autre.

Cet événement majeur fait l’effet d’un séisme pour les milieux économiques et met une fois de plus en exergue la dépendance européenne vis-à-vis des approvisionnements extérieurs pour les terres rares (70 % des approvisionnements en terres rares européens proviennent de Chine) et plus largement pour l’ensemble des ressources fossiles, hydrocarbures inclus.

La réduction de la consommation de ressources fossiles en Europe apparaît comme un enjeu majeur de souveraineté. En outre, c’est un enjeu environnemental de premier plan.

La technologie est régulièrement convoquée comme une solution à ce problème car on lui prête la vertu de découplage entre activité économique et consommation de ressources. C’est cependant une vision partielle tant la technologie est elle-même éminemment composée de ressources fossiles issues de territoires extra-européens, Chine en tête.

Ce premier graphique met en avant le risque d’approvisionnement européen (en bas) en matières premières pour un panel de technologies (à gauche) nécessaires aux transitions environnementales.

Supply risk of raw materials for key technologies

Supply chain analysis and material demand forecast in strategic technologies and sectors in the EU – JRC Science for Policy Report

Les LREEs (Light Rare Earth Elements — les éléments de terres rares légères) et HREEs (Heavy Rare Earth Elements — les éléments de terres rares lourdes) sont en tête des matières premières les plus à risque pour les technologies listées.

Il est intéressant de croiser cette vue à la carte suivante qui nous montre les origines géographiques des ressources et le «Level of Governance» qui peut être interprété comme le niveau de stabilité d’un pays, ce qui est une approximation du niveau de risque d’approvisionnement du point de vue européen. On peut y voir que la plupart des matières premières proviennent de Chine et d’Afrique.

Origine géographique des ressources

Supply chain analysis and material demand forecast in strategic technologies and sectors in the EU – JRC Science for Policy Report

Du modèle linéaire à l’économie circulaire : repenser la création de valeur

Face à ces vulnérabilités, repenser fondamentalement notre approche économique devient un impératif. Le modèle traditionnel «prendre-fabriquer-jeter» révèle aujourd’hui ses limites structurelles. Pour une grande partie des produits manufacturés que nous connaissons, nous pouvons retenir les ordres de grandeur suivants : 90% des ressources et 80% des émissions de CO2 se concentrent dans les phases amont de la chaîne de valeur (extraction, production, assemblage).

C’est précisément à ces réalités que répond l’économie circulaire, en proposant un véritable changement de paradigme. Plutôt que de s’inscrire dans une logique linéaire qui détruit progressivement la valeur au cours du cycle de vie du produit, elle structure les flux autour de la préservation et de l’optimisation de cette valeur.

Cette approche repose sur le cadre des «10 Rs», qui hiérarchise les stratégies circulaires en fonction de leur impact. Elles se déclinent en trois grandes logiques : réduire la boucle (R0–R2), ralentir la boucle (R3–R6) et clôturer la boucle (R7–R9).

Lifecycle and stages on the R-ladder

Lifecycle & stages on the R-ladder (Reike et al, 2018)

Cette hiérarchisation fournit ainsi aux entreprises une boussole pour prioriser leurs actions circulaires.

Photo de Jonathan Lecluze

Passer d’un modèle linéaire à un modèle circulaire ne consiste pas seulement à ajouter du recyclage en fin de cycle, mais à repenser entièrement la manière dont nous créons et préservons la valeur tout au long de la chaîne.

Jonathan Lecluze,
manager spécialisé en supply chain circulaire chez Citwell

Des pionniers inspirants

Plusieurs entreprises présentes lors de l’atelier démontrent des bénéfices économiques et environnementaux de ces approches circulaires, tout en renforçant la robustesse de leurs chaînes d’approvisionnement. Parmi elles :

  • Logo de la société Orange

    Orange présente l’un des modèles les plus aboutis de supply chain circulaire. Une box sur deux est aujourd’hui issue de la filière circulaire, chaque équipement pouvant être reconditionné jusqu’à 10 fois grâce à une éco-conception favorisant le démontage par vis plutôt que rivets. Les bénéfices sont multiples : réduction significative des coûts d’approvisionnement, diminution de l’impact environnemental et sécurisation des volumes de production.

  • Logo Renault Group

    Renault déploie une stratégie circulaire structurée avec The Future is Neutral, projet de recyclage des métaux et batteries de véhicules électriques pour sécuriser l’approvisionnement en matériaux critiques.

  • Logo Decathlon

    Décathlon développe ses modèles d’affaires circulaires, en proposant le rachat et la revente de produits d’occasion, la réparation, et la location de produits sportifs.

Comment la circularité transforme-t-elle les risques en opportunités ?

Ces exemples concrets illustrent comment l’économie circulaire transforme les vulnérabilités des supply chains en véritables leviers de résilience et en opportunités :

  • Sécurisation des approvisionnements

    La circularité crée de nouvelles sources d’approvisionnement indépendantes des contraintes géopolitiques traditionnelles.

  • Stabilisation économique

    En développant des filières internes de récupération et de recyclage, les entreprises se protègent contre les fluctuations des marchés de matières premières, permettant une meilleure prévisibilité des coûts. L’entreprise Interface illustre cette approche en fabriquant des dalles de moquette, en nylon (dérivé du pétrole), à partir de filets de pêche recyclés.

  • Anticipation réglementaire

    L’économie circulaire permet d’anticiper les évolutions réglementaires plutôt que de les subir, transformant ces contraintes en avantages concurrentiels. Apple investit dans des robots de démantèlement pour anticiper la législation sur la réparation, tandis que le Critical Raw Materials Act européen impose désormais de sourcer des aimants recyclés.

  • picto conserver

    Protection contre le risque réputationnel

    Protection contre le risque réputationnel dans le textile, un secteur très exposé aux controverses sociales et environnementales. C’est le choix de Patagonia via son programme Worn Wear de réparation et revente de vêtements usagés.

  • Meilleure prévisibilité des flux et diversification des revenus

    C’est l’exemple de Philips et son modèle de Lighting as a service.

Défis et recommandations pour réussir la transformation

Enseignements stratégiques

Cinq principes fondamentaux émergent de cette session pour guider les professionnels de la Supply Chain.

  • Solution proactive
    Transformation du risk management d’une approche défensive vers une approche créatrice de valeur
  • Transformation profonde
    Nécessité de repenser en profondeur les processus, systèmes d’information et organisations
  • Complémentarité avec les stratégies de sourcing
    Convergence avec les approches de sourcing multiple (le circulaire peut être vu comme un nouveau sourcing), le nearshoring (le circulaire est local par essence)
  • Vision coût complet
    Intégration des coûts cachés et des externalités dans les analyses économiques afin de révéler tout le potentiel du circulaire
  • Enjeu stratégique
    Nécessité d’un soutien sans faille au plus haut niveau de l’entreprise

* Le nearshoring, par différence avec l’offshoring, est le fait de délocaliser une activité économique dans une autre région du même pays ou dans un pays proche.

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La slow logistique passée au crible par le LAB Jeunes

Une question fondamentale se pose : la rapidité à tout prix est-elle la seule voie possible pour une Supply Chain performante, désirable et durable ? C’est dans ce contexte de tension entre les attentes contradictoires des consommateurs et les impératifs écologiques et économiques que le concept de slow logistique prend tout son sens. Loin d’être un retour en arrière, cette approche propose une réévaluation de la vitesse, non pas comme une fin en soi, mais comme un élément à optimiser au service d’une logistique plus réfléchie, plus résiliente et, plus responsable.

Cet article du LAB Jeunes vous invite à démystifier la slow Logistique et à ralentir. Car choisir le « mieux » plutôt que le « toujours plus vite », c’est déjà changer le monde.

L’expérience client : Instantanéité versus Durabilité

Les générations Y (Millennials), Z et la toute émergente Génération Alpha, ont profondément transformé la relation client. Ayant grandi dans un monde hyperconnecté, ces groupes démographiques sont caractérisés par une soif d’instantanéité et une exigence de personnalisation sans précédent.

Pour eux, l’attente est devenue une anomalie plutôt qu’une norme.

La notion de délai acceptable s’est drastiquement réduite : « livré en 24 h », voire le jour même. Cette exigence de réactivité impose à la Supply Chain un niveau de flexibilité et de précision inédit, allant de la gestion automatisée des stocks à une orchestration millimétrée des flux logistiques. Le moindre retard ou aléa peut nuire à la satisfaction client, voire impacter la fidélité à la marque.

Afin de répondre à ces besoins exigeants, de nombreuses entreprises ont dû adopter l’omnicanalité. Cette approche stratégique est centrée sur le client, elle harmonise, intègre et synchronise l’ensemble des canaux de communication, de vente et de service. La logistique devient alors un levier clé de différenciation dans un marché saturé, où la compétition se joue souvent dans les derniers mètres de la livraison.

Quand le client exige aussi d’être soutenable

Les flux de colis en ville devraient augmenter de 78 % d’ici 2030, menaçant de saturer les infrastructures et d’alourdir le bilan carbone du e-commerce.

Rodrigue Branchet Fauvet, membre permanent du Lab Jeunes, E2E Supply Graduate Program chez Renault Group

En parallèle, ces mêmes consommateurs, en particulier les jeunes générations expriment une sensibilité croissante aux enjeux environnementaux. Ils attendent des marques non seulement de répondre à leurs besoins immédiats, mais aussi d’agir de manière responsable. Un chiffre éloquent souligne cette tendance : 80 % des consommateurs se disent prêts à changer de marque en faveur d’une entreprise plus engagée dans le développement durable. 

Les entreprises doivent désormais conjuguer instantanéité et écoresponsabilité, deux objectifs souvent antagonistes. Fort de cette double exigence, et sous la pression croissante des régulations, le lien entre Supply Chain et satisfaction client s’est considérablement renforcé, notamment dans le secteur du e-commerce B2C. L’un des principaux enjeux est aujourd’hui la gestion du dernier kilomètre, à savoir la phase finale de la livraison.

Souvent le plus coûteux, le plus polluant et le plus visible pour le consommateur, le pilotage du dernier kilomètre représente :

  • Une clé pour répondre aux attentes clients : il influence directement la satisfaction et la fidélisation des clients. Environ 88 %[1] des e-acheteurs considèrent la livraison comme un critère d’achat important.
  • Montée des coûts logistiques liés à la personnalisation de la livraison (plages horaires, lockers, retours gratuits…).
  • Un impact environnemental : Les véhicules utilitaires légers utilisés pour les livraisons représentent environ 30 %[2] des émissions de gaz à effet de serre (GES) en ville, et les déplacements urbains constituent un tiers des émissions totales du transport de marchandises. Le dernier kilomètre représente environ 25 % de l’empreinte environnementale de la chaîne d’approvisionnement.

Le rapport 2024 du Forum Économique Mondial sur la logistique urbaine souligne que les flux de colis en ville devraient augmenter de 78 % d’ici 2030, menaçant de saturer les infrastructures et d’alourdir le bilan carbone du e-commerce. Les entreprises doivent donc réinventer leurs modèles avec la mutualisation des livraisons, l’utilisation de modes doux (vélos cargos, véhicules électriques), l’implantation de micro-hubs urbains et l’optimisation algorithmique des tournées.

Plaidoyer du LAB Jeunes en faveur d’une slow logistique

La slow logistique n’est pas une morale de la lenteur, c’est une intelligence du tempo.

Robin Thomas-Le Déoré, membre permanent du Lab Jeunes, Consultant Opérations & Performance Strategy chez KPMG

Cette vitesse, argument ultime d’une pseudo performance, nous a fait perdre de vue les véritables enjeux et conséquences d’une chaîne qui s’emballe. La slow logistique n’est pas une morale de la lenteur, c’est une intelligence du tempo. Ce concept émergeant propose de repenser la logistique non plus sous l’angle de l’immédiateté, mais sous celui de la responsabilité.

Cela commence par un geste simple : rendre visibles les arbitrages. Au moment du choix, le client doit savoir ce que pèse son option en CO², en fiabilité, en coût complet. Quand l’empreinte et la probabilité de livraison sont affichées, l’achat cesse d’être un pari et l’expérience devient éclairée et responsable.

Reprogrammer le tempo, c’est ensuite distinguer l’urgent du pressé. Tout ne mérite pas d’arriver demain matin. Le vital, oui ; le courant, non. On ajoutera qu’une chaîne performante :

  • assume des cadences différenciées ;
  • consolide quand c’est pertinent ;
  • mutualise quand c’est possible.
  • s’appuie sur des micro‑hubs qui rapprochent sans encombrer ;
  • reporte vers des modes bas‑carbone qui réduisent l’empreinte environnementale sans renoncer à la fiabilité ;
  • s’appuie sur des données partagées qui harmonisent au lieu d’opacifier.

Quant à la ville, elle ne peut plus absorber l’addition infinie de solutions solitaires. La prochaine frontière n’est pas un entrepôt plus haut ni un van plus rapide, c’est l’interopérabilité (créneaux coordonnés, interfaces communes, hubs ouverts à plusieurs opérateurs et langage de données partagé.)

Notre conviction est que là où l’on coopère, les kilomètres s’effacent, les taux de remplissage montent, et la promesse faite au client se fiabilise. La coopération n’est pas une concession ; c’est un accélérateur de productivité.

Emma Arrondeau, membre permanent du Lab Jeunes, S&OP International Planner chez L’Oréal

Notre génération n’attend pas l’autorisation d’essayer : elle teste, mesure, publie. Donnez‑lui une année, et elle démontrera qu’une part des flux urbains peut basculer vers le rail, le fluvial, le vélo‑cargo ; que des retours s’évitent par un meilleur design d’emballage et un dialogue plus honnête ; que la promesse « sobre par défaut, express sur justification » élève le niveau de service sans baisser la satisfaction. Donnez‑lui des métriques partagées, et la compétition se fera sur la performance totale, pas sur la seule vitesse d’affichage.

Ce plaidoyer n’est pas un renoncement au progrès : c’est son exigence.

Le progrès n’est pas d’arriver toujours plus tôt, mais d’arriver à bon escient, au coût juste, avec l’empreinte la plus basse possible. Aucune technologie n’est hostile à cette vision : l’IA qui prévoit, la donnée qui éclaire, les outils qui orchestrent les tournées et évitent les trajets à vide servent la même ambition dès lors qu’on accepte de rendre des comptes.

La volonté des acteurs du LAB Jeunes, et plus largement de notre génération est de pouvoir s’emparer de ces sujets qui réconcilient compétition et coopération, performance et efficience, consommation et responsabilité.

Lorsque l’intention se heurte au réel

Ralentir les flux pour mieux les penser, c’est accepter une nouvelle grammaire logistique faite de correspondances, de respirations, de temps morts féconds. Mais le marché, lui, conjugue encore tout au présent…

Maxime Bouquin, membre permanent du Lab Jeunes

Dès que l’on pousse la porte des entrepôts, la poésie de l’intention se heurte à l’architecture du réel. Ralentir les flux pour mieux les penser, c’est accepter une nouvelle grammaire logistique faite de correspondances, de respirations, de temps morts féconds. Mais le marché, lui, conjugue encore tout au présent : rails saturés, créneaux fluviaux comptés, maillages de micro‑hubs trop rares hors hypercentres. La consolidation des commandes promet des camions mieux remplis, des navettes plus sobres ; elle invite aussi l’aléa à la table. Un orage sur le couloir rhodanien, un retard sur une écluse, et toute la partition se décale. Le « délai raisonnable » devient alors une promesse fragile : trop ambitieux, il frustre ; trop prudent, il décourage.

La vérité économique, elle, parle sans emphase

Bâtir un réseau « slow » demande du capital patient, un investissement visant des économies opérationnelles et un risque réduit. Des hubs mutualisés qui ne se louent pas à la journée, des contenants réemployables qu’il faut suivre, laver, rapatrier, des plateformes de données à sécuriser pour orchestrer le partage entre concurrents : c’est du CAPEX au service d’un OPEX plus sobre.

Aux actionnaires, le message est clair : le stock n’est pas le seul poste qui immobilise du capital ; l’absence d’infrastructures partagées, de boucles de réemploi et d’interopérabilité immobilisent aussi de la valeur en trajets à vide, en échecs de livraison, en retours, en pénalités et en risques réglementaires.

L’amortissement, ici, se fait par la stabilité des volumes, la confiance et la transparence. À la clé : des taux de remplissage qui montent, des kilomètres évités, un coût total de service qui baisse et un risque extra‑financier qui se contracte. La lenteur n’est pas une coquetterie : c’est une structure de coûts qui s’améliore avec le temps.

La limite sociale n’est pas moins décisive

On célèbre, à raison, la cyclo-logistique, sa discrétion, sa propreté, sa manière de recoudre la ville. Mais la beauté du geste ne suffit pas à protéger l’ouvrier. Mal encadré, l’essor des cargos peut créer des zones grises, des rémunérations au trajet, des horaires étirés pour absorber l’irrégularité des flux. À l’inverse, professionnaliser la filière réclame des compétences coûteuses :

  • Planification multimodale ;
  • Pilotage data ;
  • Maîtrise des systèmes d’information interopérables.

La slow logistique n’est pas un retour à la rusticité ; c’est une démarche et une pensée en rupture, moins énergivore, mais plus cognitive, qui requiert des métiers nouveaux et du temps long.

Charly Suaire, membre permanent du Lab Jeunes et Consultant Senior en Supply Chain et Performance Opérationnelle chez Newton Vaureal Consulting

Si la fast fashion se verdit, à quoi sert de ralentir ?

Et puis il y a l’adversaire de plain‑pied : la fast fashion et, plus encore, son incarnation ultra‑rapide portée par de grandes plateformes sur le Web. Elles ne vendent pas que des vêtements ; elles vendent une accélération permanente du désir. Des micro‑collections jaillissent chaque semaine, parfois chaque jour, l’algorithme déplace l’offre à la vitesse du pouce, la logistique suit. Prix compressés à l’extrême, traçabilité fugitive, gratification instantanée : cette mécanique installe une pédagogie du réflexe, une accoutumance au « maintenant » qui rend tout délai suspect.

Le standard devient invisible et tyrannique : livrer vite n’est plus une performance, c’est un dû. Face à cette concurrence, l’innovation ne suffit pas si elle n’est pas lisible. L’automatisation des entrepôts, l’IA d’optimisation des tournées, les flottes électrifiées rendent la fast logistique toujours plus efficace et, parfois, moins carbonée.

La comparaison se corse : si le fast se verdit, à quoi sert de ralentir ? La réponse ne peut pas être un sermon. Elle exige un contrat clair avec le client : dire ce qui est urgent et ce qui ne l’est pas ; afficher, pour chaque option, le coût total et l’empreinte réelle ; reconnaître que l’attente a un prix, et que l’immédiateté en a un aussi, longtemps masqué.

Si la slow logistique veut peser… 

La slow logistique ne gagnera pas en opposant la morale au confort, mais la vérité au réflexe. Elle doit transformer l’attente en valeur, rendre visible l’invisible (des indicateurs simples, publiés, comparables) et, enfin, faire de la coopération une arme compétitive. Ce sont des gestes politiques autant qu’industriels.

Rien de tout cela n’effacera la force d’attraction du « tout, tout de suite ». Mais l’histoire économique est aussi une affaire de récit et de preuves.

Si la slow logistique veut peser, elle devra offrir les deux : une histoire qui donne envie d’attendre, et des preuves qui ferment la porte au soupçon d’inefficacité.

Gabrielle VENOT, responsable communication du Lab Jeunes et chargée de clientèle & amélioration continue Supply chain chez ST Michel Biscuits

Alors, seulement, elle pourra déplacer le centre de gravité : non plus opposer la lenteur à la modernité, mais proposer une modernité qui ne confonde plus vitesse et progrès.

Au bout du compte, on ne livre jamais un simple paquet. On livre une manière d’habiter le temps, la ville, la planète. Tant que la vitesse régnera sans contre‑pouvoir, la slow logistique paraîtra minoritaire. Qu’elle devienne lisible, mesurable, désirable, et la loi pourrait changer : la cadence cessera d’être un diktat pour devenir une décision, la nôtre.

Sources :

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L’atelier de Prospective de France Supply Chain : Horizon 2040

L’atelier de Prospective de France Supply Chain : Retour sur les 8 sessions d’«Horizon 2040»

Depuis 1 an et le tout 1er atelier test organisé par France Supply Chain, Horizon 2040 a réuni environ 260 acteurs aux profils divers pour explorer les défis futurs de la Supply Chain.

« C’était un exercice vraiment intéressant qui donne envie de le personnaliser et de se l’approprier pour notre périmètre. Le pouvoir de cet atelier est de pouvoir en tirer un plan d’action/Roadmap » notait un manager de chez Saint-Gobain.

À travers 2 sessions inter-entreprises, 5 en intra-organisation et 3 dans l’enseignement supérieur, les participants ont pu s’immerger dans des scénarios prospectifs, identifier des leviers d’action et élaborer des plans stratégiques. L’objectif était de sensibiliser et d’outiller les entreprises face aux risques climatiques et aux enjeux de durabilité. Aujourd’hui, nous vous partageons les retours d’expérience de Michelin, Louis Vuitton, Renault, et Kedge Business School qui témoignent de l’impact positif de cet atelier.

Le Retex de Michelin

Populations
Ingénieries et direction Supply Chain
Objectifs
  • L’atelier visait à pousser les participants à regarder à plus long terme et à alimenter avec de premières actions dès le plan stratégique 2025-2029 de l’entreprise.
  • Le but était d’identifier les pistes d’inflexion, les leviers et actions à déployer pour anticiper les risques climatiques.
Décision post jeu

la direction a intégré les risques climatiques au plan stratégique et a pris en compte les actions identifiées par les ingénieurs. On notera en particulier, le besoin de simulation du réseau logistique (digital twin) et le design de nouvelles solutions.

Méthode de déploiement du jeu & recommandations

2 scénarios ont été sélectionnés parmi les 6 disponibles afin de répondre au mieux à leurs priorités. Auxquels ont été associés 2 autres scénarios de Design fiction en lien avec les magasins et le bien être des équipes.

Ils ont apprécié

Les participants ont apprécié de pouvoir s’exprimer sur de nouveaux sujets, hors de leur expertise, et d’être acteurs grâce au design fiction qui permet une réelle immersion. Ils ont également valorisé le fait de pouvoir partager leurs enjeux et de se rencontrer.

Le Retex de Louis vuitton

Logo de Louis Vuitton

Populations
Acteurs de la Supply Chain LV déjà sensibles au sujet
Objectifs
  • Questionner les problématiques d’adaptation
  • Tester l’outil de design fiction pour un déploiement en termes de sensibilisation, puis l’action
Décision post jeu
Le format innovant (par son immersion) a été retenu pour une future formation de 2 jours sur les opérations durables, conçue et diffusée en interne chez Louis Vuitton.
Méthode de déploiement du jeu & recommandations
Quelques adaptations mineures permettent d’améliorer l’outil : adapter le contexte (noms d’entreprises, secteurs) et ajouter des éléments spécifiques à l’entreprise facilitent l’animation (déjà autoportée). Un travail sur l’immersion, via des astuces de scénographie, augmente l’impact sur les participants.
Ils ont apprécié
Les participants ont apprécié les références scientifiques, issues d’un travail prospectif approfondi qui rend le jeu factuel et convaincant. L’immersion crée une proximité avec le futur climatique, incitant davantage à l’action qu’une fresque.

Le Retex de Renault Group

Logo de Louis Vuitton

Populations
Manager représentants les différents métiers de la Supply Chain
Objectifs
  • L’atelier visait à continuer à diffuser la notion des risques – ici risques climatiques – au plus grand nombre dans l’entreprise. Dans ce cadre, la session pilote devait déterminer si ce format était pertinent et si oui, s’il pouvait entrer au catalogue de formation.
  • Le but était que les participants puissent ressortir avec une sensibilisation au risque climatique, une vision de l’impact sur les métiers et identifier les leviers d’actions à déployer.
Décision post jeu

Le jeu a été intégré dans le catalogue de formation. 

Méthode de déploiement du jeu & recommandations

4 scénarios ont été sélectionnés parmi les 6 disponibles afin de répondre au mieux à leurs priorités. Les artefacts ont été adaptés à la marge pour une meilleure appropriation par les participants (ex : le nom des ports ou l’activité de l’entreprise ont été changés).

Ils ont apprécié

Les participants ont apprécié (notation 4,74 / 5) :

  • Sur la forme, l’immersion directe et marquante sur l’urgence de la situation, le format collaboratif qui permet de décloisonner les métiers sur une vision commune
  • Sur le fond, de pouvoir partager ce qui est déjà fait dans chaque métier, et surtout projeter des actions pertinentes et actionnables à court terme (qui sont reprises dans les roadmaps des métiers)
  • horizon-2040-2e-session-01

    La 2e session inter-entreprises de HORIZON 2040 organisée par France Supply Chain

  • horizon-2040-artefacts

    Quelques-uns des artefacts du jeu pour vous projeter en 2040

Le Retex de Kedge Business School

Logo Kedge Business School

Populations

Étudiants en Master Business transformation for Sustainability, Apprenants en formation continue en Master ISLI et IMS. Dans le cadre d’un module sur la supply chain durable ayant pour objectif global de réaliser le bilan carbone d’une entreprise et de proposer des actions pour la décarboner et l’adapter en tenant compte des risques climatiques.

Objectifs
  • Sensibiliser au besoin d’intégrer ces aspects aux décisions stratégiques de l’entreprise
  • Réaliser un plan d’action de décarbonation et d’adaptation
Méthode de déploiement du jeu & recommandations

L’atelier a permis aux étudiants de s’immerger dans des scénarios concrets et de proposer des actions concrètes.

Ils ont apprécié

Le caractère actionnable de cet atelier et les résultats qui en sont ressortis permettant d’alimenter leurs plans d’action respectifs.

Comment participer ou organiser un atelier «Horizon 2040»?

Atelier Horizon 2040

Ce jeu a été développé par le chantier “prospective” de la communauté Supply Chain 4 Good. HORIZON 2040 : LE DÉFI CLIMATIQUE DES SUPPLY CHAINS  est une marque France Supply Chain by Aslog, déposée à l’INPI et uniquement diffusable au sein des membres de l’association.  Son utilisation est soumise à la signature et au respect d’une Convention de droit d’utilisation.

La mallette de jeu est actuellement disponible en 3 versions :

  • Française et physique
  • Française et digitale

    (personnalisable)

  • Anglaise et digitale

    (personnalisable)

Pour vous la procurer ou participer au prochain atelier multi-entreprises, la première étape sera de nous contacter afin de nous exposer votre projet. Nous vous accompagnerons afin de choisir la version et les conditions de réalisation optimales de votre atelier.

Prendre contact gratuitement

Le projet est en constante amélioration pour vous offrir la meilleure expérience possible et générer plus d’impact pour une Supply Chain et un monde plus durable. Industriels, distributeurs, logisticiens, tous secteurs confondus, découvrez les périls auxquels vous ferez face de manière quasi quotidienne afin de vous y préparer. Armelle Perrier, Directrice RSE de Stef nous confiait « j’ai beaucoup apprécié l’exercice, très documenté, intéressant et puissant », et vous ?

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Prix du meilleur Article en Supply Chain durable 2026 : ouverture des candidatures

Dans le cadre du Fonds Supply Chain 4 Good, France Supply Chain et l’Association Internationale de Recherche en Logistique et Supply Chain Management (AIRL-SCM) lancent la 4e édition du Prix du Meilleur Article en Supply Chain Durable.

Cette initiative a pour objectif de récompenser une publication scientifique apportant une contribution significative dans le domaine de la Supply Chain durable. Cette initiative permet de mettre en avant des travaux académiques d’excellence dans les domaines spécifiques du management logistique et du Supply Chain Management.

Qui peut participer ?

L’édition 2026 de ce prix concerne les enseignants-chercheurs ayant publié un article dans une revue scientifique à comité de lecture dans le domaine de la Supply Chain Durable entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2025.

L’article peut être rédigé en français ou en anglais.

Quels sont les critères d’évaluation ?

Un jury, composé d’enseignants-chercheurs membres de l’AIRL-SCM et de praticiens membres de France Supply Chain, évaluera les articles selon les critères suivants :

  • Importance du sujet traité pour les membres de France Supply Chain (par exemple, lien avec les Labs, lien avec le Manifeste pour une Supply Chain frugale et désirable)

  • Impact potentiel des résultats (par exemple, potentiel à influencer des décisions en entreprise ou la sphère publique)

  • Qualité des contributions de la recherche : académique, méthodologique, managériale

  • Caractère innovant de la recherche

  • Caractère actionnable de la recherche

Le(s) lauréat(s) se verront remettre

un prix de 2000€

par France Supply Chain

La remise du prix se déroulera à Saint-Malo lors des Rencontres Internationales de la Recherche en Logistique (RIRL), les 27, 28 et 29 mai.

Comment et quand candidater ?

Les candidatures pour ce « Prix du meilleur article en Supply Chain Durable – Édition 2026 » sont constituées d’un dossier électronique comprenant :

La fiche candidature
Un curriculum vitae

court de chaque auteur avec une liste des publications récentes

L’article

soumis pour l’obtention du prix, indiquant l’intégralité des références de publication

Date limite d’envoi des dossiers

mercredi 25 mars 2026

Les 2 gagnants de 2024 (ex-aequo)

  • Introducing a framework toward sustainability goals in a supply chain 4.0 ecosystem

    par Saoussane Srhir, Anicia Jaegler et Jairo R. Montoya-Torres de Kedge Business School, France et School of Engineering de Universidad de La Sabana, Colombia

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  • Cognitive digital twins for freight parking management in last mile delivery under smart cities paradigm

    par Yu Liu, Shenle Pan Thierry Coupaye, Pauline Folz, Fano Ramparany et Sébastien Bolle de Mines Paris, PSL University, Centre for Management Science (CGS), i3 UMR CNRS, France et Orange Innovation, France

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Supply Chain Day 2025 : que retenir de cette journée ?

Le Supply Chain Day est l’occasion de revenir sur les grandes réalisations de l’association et de ses membres ainsi que d’en suivre l’évolution. Cette édition 2025 marque un tournant avec un changement d’envergure pour France Supply Chain : 2 fois plus de productions, la création d’un fonds de dotation, de nouveaux partenariats stratégiques et une gouvernance encore plus engagée.

Découvrez en images les moments et messages clés de l’Assemblée Générale et la learning expedition digitale qui suivit.

Du nouveau du côté du Conseil d’Administration, mais surtout de la continuité

Présidence et Co-présidence : du changement dans les statuts

Lors de l’assemblée générale extraordinaire, une modification importante des statuts a été proposée concernant la gouvernance de l’association. La présidence restera inchangée en termes de qualifications requises : le président doit être un chargeur, responsable d’une supply chain internationale. Cependant, une innovation majeure est introduite avec la possibilité de nommer un co-président. Ce dernier, qui pourrait être retraité ou avoir une activité réduite, devra également provenir du Collège 1 chargeur et avoir géré une supply chain d’une dimension internationale au cours des cinq dernières années. Cette mesure vise à soulager le président des nombreuses demandes de présence et à mieux répartir la charge de travail.

Une gouvernance renouvelée et toujours aussi engagée

Les nouveaux entrants et les mandats renouvelés au sein du CA de France Supply Chain

Les nouveaux entrants et les mandats renouvelés au sein du CA de France Supply Chain

Le Conseil d’Administration (CA) d’une association joue un rôle crucial dans la gouvernance et la gestion de l’organisation. Il a un rôle polyvalent et essentiel, allant de la définition stratégique à la gestion opérationnelle, en passant par la représentation et la supervision. Il est garant du bon fonctionnement et de la pérennité de l’association, en lien direct avec l’équipe des permanents et les membres actifs.

Chez France Supply Chain, le CA prend la forme d’un comité des sages ou comité scientifique. Il est constitué d’une diversité de profil et donc d’expertises complémentaires : industriels, distributeurs, prestataires logistiques, académiques, chercheurs, offreur de solution, acteur de l’immobilier, etc.

Suite aux votes de l’assemblée générale, il se verra attribuer de nouvelles responsabilités, notamment la gestion des cotisations, jusqu’alors sous la compétence de l’assemblée générale. Cette réforme permettra une plus grande flexibilité, car le conseil se réunit quatre fois par an, contrairement à l’assemblée générale qui ne se tient qu’une fois par an. Cette réorganisation est essentielle pour suivre la croissance de l’association et nécessite un engagement accru de ses membres. Il est crucial que les administrateurs soient disponibles et impliqués pour assurer une gestion efficace et proactive.

Découvrir tous les administrateurs

Une association en mouvement pour toujours plus d’IMP’ACT !

L’Association passe à la vitesse supérieure

L’année écoulée a été marquée par une transformation significative de France Supply Chain, visant à accroître son impact. L’association a noué plusieurs partenariats stratégiques, tels qu’Alliance for Logistics Innovation through Collaboration in Europe (ALICE) et Movin’On qui lui offrent une dimension européenne et renforcent sa capacité à bâtir des coalitions puissantes.

D’autres collaborations avec l’ADEME et l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) apporteront une profondeur scientifique, enrichissant les roadmaps de l’association et rendant ses livrables plus robustes. Ces partenariats sont le fruit d’une reconnaissance croissante de la qualité des productions de France Supply Chain, qui a vu le nombre de ses publications doubler par rapport à l’année précédente, avec quasiment une production par mois.

Le chiffre clé

1 production/mois

en 2024

Le Lab Supply Chain 4 Good se transforme en fonds de dotation.

Un petit nouveau : le Fonds de Dotation SUPPLY CHAIN 4 GOOD

Pour soutenir cette croissance, le Lab Supply Chain 4 Good se transforme en fonds de dotation. Cette évolution permettra à l’association d’accéder à du mécénat, tant financier que de compétences. Le mécénat de compétences est particulièrement crucial pour produire plus rapidement et surtout pour accentuer la qualité de nos livrables.

Ce fonds de dotation représente une étape majeure, offrant les ressources nécessaires pour continuer à innover et à répondre aux défis complexes de la Supply Chain, tout en renforçant la capacité de l’association à influencer et à transformer le secteur pour des Supply Chains frugales et désirables.

Les Richesses Humaines toujours au cœur de nos travaux

Focus inclusion : nous avons lancé un groupe d’échanges sur l’inclusion des collaborateurs en situation de handicap et seniors dont l’objectif est la tenue d’une Masterclass en fin d’année avec l’intervention d’experts, d’organismes spécialisés et de témoins afin de partager les bonnes pratiques et de répondre aux interrogations.

Loïc Lassagne HR manager SC Renault et Madeleine HR manager Chep

Loïc Lassagne, HR manager SC Renault et Madeleine, HR manager Chep

Le LAB Jeunes se renouvelle

Retenons la nouvelle organisation du Lab Jeunes qui vise à assurer sa pérennité et son impact à travers une structuration en pôles d’expertise et Un accompagnement renforcé avec des PMO/membres permanents/anciens du Lab Jeunes aujourd’hui en activité.

Un message fort : « les jeunes sont prêts à prendre des risques, à endosser des responsabilités, et à porter des projets avec courage et ambition. Cependant, cette dynamique ne peut être unilatérale : le courage des jeunes doit être soutenu par l’engagement des mentors. »

Emma, Demand Planner — Consumer Product Division   L’Oréal et Robin Thomas le Déoré Consultant Opérations & Performance Strategy KPMG

Emma, Demand Planner — Consumer Product Division L’Oréal et Robin Thomas le Déoré Consultant Opérations & Performance Strategy KPMG

Quid des ETIs et PMEs ?

  • Photo de Myriam Bizouard

    Myriam Bizouard

    Directrice supply chain

    Logo Carniato

  • Emmanuel Gioux

    Supplier Performance Development Program Director

    Logo L'Oréal

  • François Peignes

    ex Vice President Supply Chain Operations

Quoi de mieux que le vécu d’une participante au programme d’accompagnement made in France Supply Chain pour comprendre ce qui fait la différence d’eSCalade ? Découvrez le témoignage de Myriam Bizouard sur les visites de site, les rencontres avec les membres, les autres participants du programme et l’accompagnement via un mentor.

Qu’attendiez-vous d’eSCalade ? Et qui avez-vous trouvé ? Le témoignage d’une participante

Horizon 2040 : Le Défi Climatique des Supply Chains

Dans cette mallette : 30 artefacts rapportés du futur, pour 6 scénarios immersifs !

Avec le design fiction, les participants sont immergés dans un futur qui est contextualisé et que l’on peut à la marge contextualiser à vos secteurs, vos entreprises aussi. Cet atelier peut servir dans une démarche d’éveil collectif, d’amélioration de votre préparation aux risques climatiques ou pour nourrir le plan stratégique de la supply chain sur les aspects risques et résilience.
L’outil est là, il est utilisable, il est à votre disposition, il est vôtre !

Demandez-le

Jonathan LECLUZE, Manager Citwell, Alexandra SAMYN, Directrice des Opérations de l’économie circulaire MANUTAN, Aurélie Delemarle, Principal - Argon & Co et Morgan Dizier, Supply Chain Transformation Manager chez Louis Vuitton

Jonathan LECLUZE, Manager Citwell, Alexandra SAMYN, Directrice des Opérations de l’économie circulaire MANUTAN, Aurélie Delemarle, Principal – Argon & Co et Morgan Dizier, Supply Chain Transformation Manager chez Louis Vuitton

Vis ma vie de squad

Un message fort pour le LAB Digital & Techno : pas d’IA sans data ! Dans cette logique, les membres ont présenté durant la matinée comment leurs travaux permettent aux entreprises de gagner en maturité digitale avec un focus sur la data (qualité, gouvernance) qui s’est accentué en 2025. Le volet calcul et data CO2 est lui aussi pleinement lié aux notions piliers de maturité digitale et de donnée ! Ici, l’objectif est d’utiliser la data pour limiter puis réduire l’empreinte carbone de la Supply Chain.

Sébastien Marie, associé BearingPoint, Florence Mazaud, directrice décarbonation Sightness, Arnaud de moissac président, DCbrain et Jérôme Bour, associé chez Newton Vaureal Consulting

Sébastien Marie, associé BearingPoint, Florence Mazaud, directrice décarbonation Sightness, Arnaud de moissac président, DCbrain et Jérôme Bour, associé chez Newton Vaureal Consulting

Pour l’après-midi, le programme était dédié aux transformations digitales avec une learning expedition animée par les membres au sein du centre Nano-innov, et accueilli par SIEMENS :

  • Une séquence start-ups en plénière ;

  • 2 sessions immersives en squad autour de 4 thématiques :

  • Grille de maturité — Gilles Verdier et Sébastien Marie

  • Gouvernance de la data — Saad Kadioui et Sébastien Marie

  • Jumeau numérique — Thibaud Maurin et Arnaud De Moissac

  • Data CO2Florence Mazaud et Marc Ortlieb

  • la découverte du démonstrateur IA FSC en cours de déploiement grâce aux membres !

  • supply-chain-day-2025-01

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  • supply-chain-day-2025-04

Aujourd’hui, nous sommes à un tournant. Ce que nous avons déjà accompli est immense. Mais ce qui nous attend l’est encore plus. Chaque action compte. Chaque engagement, chaque transformation nous rapproche de notre objectif. Ensemble, nous bâtissons un modèle plus efficace, plus résilient, plus humain.

« Darkness cannot drive out darkness; only light can do that. »

Dr. Martin Luther King

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Lancement de l’Observatoire de la Résilience de la Supply Chain : vision globale, actions concrètes

Yann de Feraudy

Je pense qu’il y a une sorte de mythe derrière la résilience et je crois que quand on est rentré dans le sujet, en fait, on cherchait une note, on cherchait un champion, on cherchait les meilleurs, et cetera. Et je me souviens que l’on a eu quelques séances avec le COPIL où c’était assez tendu parce que, finalement, ce que nous avons recherché ce sont des meilleures pratiques afin de les mettre en valeur et les partager.

C’est sur ces mots de Yann de Feraudy, président de France Supply Chain que s’est ouvert la soirée de restitution de notre Livre Blanc : Résilience de la Supply Chain.

Avec cette co-publication France Supply Chain/Sopra Steria Next, ce qui nous intéresse est la dynamique dans laquelle s’inscrivent les entreprises. Nous souhaitions également mettre en place des indicateurs de cette résilience, car les choses qui sont mesurées sont managées ! C’est pourquoi nous avons décidé de créer, autour de cette première étude, un observatoire de la résilience des entreprises, le premier du genre, dont l’objet est :

  • Gestion des risques supply chain

    De faire un état des lieux régulier à l’aide d’un “indice” de la résilience des entreprises

  • Gestion des risques supply chain

    D’identifier des bonnes pratiques

  • Gestion des risques supply chain

    De proposer des retours d’expérience et des avis d’experts

  • Gestion des risques supply chain

    D’alimenter la réflexion avec un recueil des études et analyses remarquables

  • Gestion des risques supply chain

    De partager cela auprès de la communauté de la Supply chain

Les résultats montrent que la note moyenne de maturité de leur supply chain est de 2,59 en 2025

Évaluation de la maturité des entreprises

L’étude s’appuie sur des référentiels connus de supply chain, examinant les fonctions de planification, d’achat, de production, de distribution, ainsi que les fonctions environnantes comme les systèmes d’information et la durabilité. « Les entreprises sont évaluées sur une échelle de maturité de 1 à 4, où 4 représente un avantage compétitif. La résilience commence à partir de la maturité 3. » précise Philippe Armandon, Directeur de la practice Excellence des Opérations Industrielles et Supply Chain de Sopra Steria Next et pilote de l’étude. Parmi les 39 entreprises ayant répondu au questionnaire, seulement 26 ont complété l’ensemble des questions de maturité. Cette double approche permet d’obtenir un échantillon global sur les pratiques organisationnelles et un échantillon plus restreint pour l’analyse détaillée de la maturité.

Les résultats montrent que la note moyenne de maturité est de 2,59, avec seulement 6 entreprises atteignant le niveau 3, seuil à partir duquel la résilience devient un levier stratégique. Les entreprises les plus avancées dans ce domaine traitent régulièrement la supply chain au niveau du COMEX, témoignant ainsi de l’importance d’une gouvernance intégrée. Pour faire le lien avec la suite de cet article, il est intéressant de noter que seulement 10 % des entreprises disposent d’une visibilité sur plusieurs niveaux de leur chaîne d’approvisionnement, la complexité augmentant significativement avec les fournisseurs de rangs inférieurs.

Risques versus résilience

Avant d’entrer dans le vif des échanges, les participants ont souhaité revenir sur la définition de ces 2 termes. « Risque et résilience, ce sont des notions qui sont un petit peu différentes ; il y a un amalgame entre la notion de risque et de résilience. » La distinction essentielle réside dans l’approche adoptée face aux événements. Lorsqu’il s’agit du risque, l’analyse se concentre principalement sur les événements eux-mêmes et sur la vulnérabilité qu’ils peuvent engendrer, qu’il s’agisse de risques climatiques, de cybersécurité ou d’autres menaces. Cette perspective met l’accent sur l’identification et l’évaluation des menaces immédiates susceptibles de perturber l’activité.

À l’inverse, la résilience repose sur l’évaluation et le renforcement des capacités à long terme. Cette approche inclut une réflexion approfondie sur les « capabilities » au sens large, englobant la planification, la production, l’approvisionnement, la distribution et la communication.

Photo de Walid Klibi

Ces deux notions sont complémentaires. Il faut commencer par l’analyse des risques parce qu’elle fournit la base de vulnérabilité sur laquelle une couche de résilience peut être ajoutée. Et si l’on veut être vraiment résilient, il faut un alignement entre la vulnérabilité et le niveau de résilience investie.

 précise Walid Kibli, Enseignant chercheur de l’ISLI KEDGE, associé au MIT. Cette articulation permet d’assurer une gestion proactive et adaptable face aux aléas.

Évaluation de la maturité des entreprises

La stratégie de Renault face aux risques

Lors de cette table ronde, Thierry Blein GM Supply Chain Risks and Business Continuity Plan nous a tout d’abord présenté la complexité de la Supply Chain de Renault. En effet, la production atteint 15 000 véhicules par jour, chaque voiture étant constituée d’environ 2 000 pièces provenant de 4 000 fournisseurs de premier rang. En profondeur, Renault collabore avec près de 60 000 fournisseurs. En aval, 2 000 camions ou bateaux transportent quotidiennement des véhicules vers 5 000 points de vente répartis dans 130 pays. Cette organisation mondiale et interconnectée rend inévitable l’exposition aux perturbations : « en 2024, en 7 mois, nous avons subi 10 inondations qui ont impacté les opérations ».

Pour renforcer sa résilience, le groupe a pris des décisions stratégiques structurantes ces dernières années, notamment en rattachant la fonction Supply Chain au CEO et en investissant dans la digitalisation. Cette transformation permet de décloisonner les données et d’obtenir une vue globale des risques fournisseurs. Plutôt que de se focaliser sur la probabilité d’apparition des risques, Renault évalue leur impact potentiel sur l’activité. Une équipe transverse, dotée d’un budget dédié, analyse les vulnérabilités et anticipe les crises en surveillant les fournisseurs critiques.

Renault a également mis en place un référentiel unique de gestion des risques accessible à toutes les parties prenantes. Cette approche permet d’identifier les fournisseurs cumulant plusieurs facteurs de risque et d’évaluer l’impact potentiel sur la production en cas de perturbation. Cette méthodologie, axée sur l’impact business, révèle des vulnérabilités invisibles avec les approches traditionnelles centrées sur la probabilité.

Le sujet complexe de l’investissement pour la résilience

« Quand vous parlez aux gens du métier dans la supply, ils savent quoi faire : ils savent où investir, où mettre de la flexibilité, ou des stocks stratégiques. Mais il existe une réelle difficulté à justifier ces investissements auprès du top management. » Ce constat souligne un paradoxe fondamental : investir dans la résilience signifie allouer des ressources pour prévenir des événements que l’on espère ne jamais voir survenir. Dans ce contexte, les méthodes financières classiques, comme l’analyse du retour sur investissement (ROI) ou la valeur actuelle nette (NPV), se révèlent souvent inadaptées.

Une approche alternative consiste à intégrer la théorie des options, déjà utilisée dans des secteurs technologiques comme ceux de HP ou Boeing. Ce cadre théorique introduit le principe du « droit sans l’obligation » (« the right and not the duty »), offrant ainsi la possibilité d’agir sans engagement immédiat. Cette méthode permet de valoriser la flexibilité des décisions en tenant compte des incertitudes futures. Adopter une logique d’options permet aux entreprises de prendre des mesures préparatoires (réservations, pré-actions) qui facilitent une réponse rapide aux crises lorsqu’elles surviennent. Cette approche reflète une gestion dynamique et adaptative des risques.

La place prépondérante de la technologie et de l’IA

La place prépondérante de la technologie et de l’IA

L’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle est essentielle pour assurer un suivi précis des risques fournisseurs et une détection précoce des signaux faibles, « un investissement massif  sur 3 ans a été consenti pour digitaliser et dé-risquer nos fournisseurs les plus impactant ». Grâce aux outils numériques, Renault est ainsi en mesure de surveiller en continu l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement et de détecter les premiers signes de fragilité chez ses fournisseurs. Par exemple, les solutions de gestion des risques basée sur l’IA permettent de repérer les tensions sociales, les problèmes environnementaux ou les difficultés financières pouvant affecter les fournisseurs.

Renault mise sur deux piliers pour améliorer l’anticipation : la visibilité et l’agilité. La visibilité repose sur une connaissance en temps réel des flux logistiques, notamment grâce au suivi GPS des camions et des navires. Cette surveillance constante permet d’identifier rapidement tous les risques climatiques ou logistiques et d’adapter les prévisions de production en fonction des ETA (Estimated Time of Arrival) recalculés versus les stocks de sécurité en usine . L’agilité, quant à elle, consiste à élaborer des scénarios préconfigurés pour faire face aux disruptions, tels que l’utilisation de pièces interchangeables ou de fournisseurs alternatifs. Ces scénarios sont centralisés dans une « Control Tower » facilitant la prise de décision opérationnelle en temps réel.

Pour réfléchir plus loin

  • L’importance de garder les pieds dans l’opérationnel et de raccourcir la chaine de décision

    La coordination directe des crises Supply Chain est essentielle pour maintenir une compréhension concrète des risques. Être sur le terrain permet d’identifier rapidement les dysfonctionnements et d’évaluer si une meilleure cartographie des risques aurait permis de les anticiper. Ce double rôle, à la fois opérationnel et stratégique, favorise des boucles de correction plus rapides et plus efficaces.
  • L’importance de simplifier la Supply Chain pour améliorer la résilience

    Multiplier les fournisseurs pour diversifier les sources d’approvisionnement peut sembler être une solution évidente, mais cela complique considérablement la gestion opérationnelle. Sans outils numériques adaptés, il devient difficile de localiser précisément les fournisseurs et de détecter les signes de défaillance. L’automatisation et la mécanisation des entrepôts ajoutent également de la complexité. Une simplification ciblée, appuyée par des technologies de suivi et d’analyse, est essentielle pour garantir une résilience durable tout en évitant de créer des structures trop lourdes et difficiles à piloter.
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France Supply Chain et Sopra Steria Next présentent une étude sur la résilience et la transformation de la Supply Chain : état des lieux et perspectives

Paris, le xxx 2025 – Dans un monde confronté à des crises qui s’additionnent, la résilience des entreprises est devenue un enjeu stratégique. France Supply Chain by Aslog et Sopra Steria Next, cabinet de conseil de Sopra Steria, publient aujourd’hui une étude approfondie qui identifie les déterminants clés de cette résilience, en particulier dans les opérations et la chaîne d’approvisionnement. L’objectif de cette étude est d’aider les entreprises à comprendre comment se préparer structurellement aux chocs futurs.

Parmi ses grands enseignements :

Un déficit de résilience face aux crises – Indice global de maturité des entreprises : 2,59 sur 4. Seules 23 % atteignent un niveau avancé, et aucune n’atteint le niveau maximal.

Un manque de visibilité sur la chaîne d’approvisionnement – Seules 10 % des entreprises ont une vision claire sur plusieurs niveaux de leur Supply Chain, exposant les autres à des risques accrus.


Une transition écologique encore trop timide – 42 % des entreprises mesurent leur empreinte carbone après coup, mais seulement 27 % intègrent ces données dans leurs décisions opérationnelles.

Des investissements en résilience encore trop réactifs – Après chaque crise, les entreprises investissent massivement, mais réduisent leurs efforts une fois l’urgence passée, selon un schéma “boom-and-bust”.

La Supply Chain, un levier stratégique encore sous-exploité – 42 % des entreprises l’intègrent dans leur planification stratégique, mais 33 % la maintiennent à un niveau hiérarchique intermédiaire.

« La crise du COVID-19 a joué un rôle d’accélérateur dans la prise de conscience du Senior Management quant à l’importance de la résilience et de la gestion proactive des risques. Certaines entreprises ont mis en place des gouvernances dédiées, incluant des équipes multidisciplinaires (Achats, Supply Chain, Risques Corporate, etc.). » Déclare Yann de Feraudy, Président de France Supply Chain.


Une prise de conscience accrue du rôle de la Supply Chain dans la stratégie d’entreprise 

42 % des entreprises intègrent systématiquement la Supply Chain dans leur planification stratégique, et 21 % le font régulièrement. Par ailleurs, 42 % l’ont positionnée au sein du Comité exécutif (Comex), témoignant de son importance stratégique. Cependant, 33 % la maintiennent à un niveau intermédiaire (N-3/N-2 du Directeur Général), tandis que 15 % ne l’incluent au Comex que ponctuellement.

Figure 1- Les entreprises qui traitent de la Supply Chain régulièrement et à haut niveau dans l’organisation ont un indice de résilience plus élevé que les autres


Des avancées en matière de résilience, mais des améliorations restent à accomplir

2,59 sur une échelle de 4 : c’est l’indice global de maturité des entreprises sondées. Très peu d’entreprises passent la barre du niveau 3 (six seulement, soit 23 %) qui est le premier niveau à partir duquel on peut considérer qu’une Supply Chain commence à être résiliente. Aucune n’atteint le niveau moyen le plus élevé. Les cinq entreprises du panel qui se disent les plus résilientes obtiennent une note proche de 3,3.

Interrogées sur les actions mises en place pour anticiper les crises futures, 42 % des entreprises ont déjà engagé des évolutions ou investissements localisés, tandis que 21 % ont entrepris des transformations plus profondes. Toutefois, 27 % se limitent à des adaptations marginales, soulignant un besoin de renforcement des stratégies de résilience.


Philippe Armandon, Directeur de la practice Excellence des Opérations et Supply Chain, Sopra Steria Next : « Dans un monde où l’instabilité est devenue la norme, l’impact sur les Supply Chains est considérable – et ne fera que croître. Notre étude révèle que la plupart des entreprises sont encore en transition : elles perçoivent la résilience avant tout comme une gestion des risques à court terme, alors qu’elle devrait être envisagée comme une capacité stratégique durable. Il est essentiel d’évoluer vers une Supply Chain capable de tenir sa promesse client en toutes circonstances. Cette transformation, bien que complexe, est une opportunité majeure pour celles qui sauront s’y engager dès maintenant. »


Un manque de visibilité sur les fournisseurs et des collaborations encore perfectibles

10 % des entreprises ont une visibilité élevée sur plusieurs niveaux de la chaîne d’approvisionnement 41 % ont une visibilité moyenne sur les fournisseurs de premier rang. Cette situation expose les entreprises à des aléas d’approvisionnement et ne leur permet pas d’anticiper de potentiels problèmes. 45 % des entreprises s’appuient assez classiquement sur des contrats formels (SLA). 28 % seulement privilégient une collaboration basée sur une confiance élevée, au-delà du contrat, autrement dit, elles savent « sur qui elles peuvent compter » en cas de problème.

En matière d’achats et d’approvisionnements, 59 % des répondants considèrent que moins de la moitié de leurs approvisionnements critiques sont sécurisés avec un plan de continuité d’activité (PCA). Si 58 % déclarent investir dans des mesures correctives, un travail considérable reste à accomplir pour garantir une résilience optimale de la chaîne amont.


Une distribution largement externalisée, avec une prédominance des modèles 2 PL et 3 PL 

La majorité des entreprises externalise la distribution en s’appuyant sur des prestataires spécialisés, selon le modèle 2PL (37%) ou 3PL (33%). Seules 22% des entreprises considèrent leur schéma de distribution flexible dans des délais rapides, 45% pensent que leur schéma est plus rigide et complexe à manœuvrer. Dans ce domaine où la collaboration et le partage d’information sont clés, 30% des entreprises considèrent collaborer avec leurs prestataires avec un niveau de confiance élevé.


Prise en compte des critères environnementaux dans les décisions opérationnelles 

42 % des entreprises adoptent une approche de reporting a posteriori sur leur empreinte environnementale, mesurant l’impact de leurs activités sans l’intégrer systématiquement en amont dans les décisions. Seules 27 % intègrent des données environnementales dans leur processus décisionnel, tandis que 23 % en sont aux prémices, se limitant à un périmètre restreint.

Ce constat met en lumière l’écart entre la volonté stratégique et la mise en œuvre opérationnelle, notamment dans la fonction de distribution, où l’impact environnemental est encore au second plan face aux considérations économiques. Cette prédominance des coûts freine l’adoption de solutions logistiques durables, soulignant la nécessité d’une transition vers des pratiques plus responsables.


Systèmes d’Information et de Communication : un outil de la résilience 

Les SI et la capacité à communiquer avec son écosystème jouent un rôle central dans la résilience de la Supply Chain. Pourtant, seulement 12 % des entreprises disposent de systèmes d’information dits prédictifs et prescriptifs. La majorité (58 %) se situe encore à un niveau de maturité faible ou moyen en matière de capacité à communiquer avec son écosystème et à capturer des signaux faibles, amonts ou avals. Les échanges de données via des API et plateformes restent encore minoritaires, la cybersécurité demeure encore un point faible, notamment chez les ETI et PME, qui constituent souvent le maillon fragile de la chaîne. Les SI sont un des domaines où les entreprises investissent le plus principalement à travers la mise en place d’APS, le renforcement des protocoles de sécurité avec les fournisseurs et l’intégration de solutions de Business Intelligence (BI).


Figure 2- Les domaines privilégiés d’actions et d’investissements relatifs à la résilience -réponses « actions et investissements localisés » + « structurants planifiés » additionnées et moyennées

Vision d’expert

M. Walid Klibi, Professeur en Supply Chain à Kedge- ISLI, et chercheur affilié au MIT-CTL : « Les entreprises réagissent souvent de manière réactive face aux investissements nécessaires pour la résilience, adoptant une approche qu’on appelle “boom-and-bust”. Après une perturbation, elles ont tendance à engager des sommes importantes pour protéger leurs opérations et maintenir la continuité des activités, mais ces investissements diminuent rapidement une fois que l’impact de la crise s’est atténué. Une nouvelle approche pour financer les investissements en résilience pourrait consister à intégrer l’évaluation par options réelles dans les processus budgétaires des entreprises. Plutôt que de traiter ces dépenses comme des coûts ponctuels réactifs après une crise, les entreprises pourraient allouer des fonds de manière proactive et continue en les intégrant dans les budgets de capital employé, de fonds de roulement et d’exploitation. Cette méthode permettrait d’optimiser les investissements en fonction de leur impact sur la continuité des opérations et non seulement sur la probabilité d’un risque spécifique. »


À propos de France Supply Chain by Aslog

Depuis plus de 50 ans, l’association France Supply Chain poursuit sa mission de fédérer les entreprises, les grandes écoles et les organismes de recherche pour innover, partager des bonnes pratiques et apporter des solutions concrètes aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Think and Do Tank, regroupant plus de 450 entreprises et écoles adhérentes, 800 membres actifs engagés au sein de nos projets, et une audience de 7 000 acteurs, nous favorisons l’échange et l’action collective pour une Supply Chain plus robuste et plus responsable. À compter de janvier 2025, les activités d’intérêt général de l’association sont portées par le fonds de dotation SUPPLY CHAIN 4 GOOD, à commencer par les chantiers en faveur de la décarbonation et de la soutenabilité de nos Supply Chains.

Contact presse : Marie-Laure Laville – MLD Consulting – Tel. : +33 (0)6 18 14 85 36 – mllaville@mldconsulting.fr

A propos de Sopra Steria Next – Driving meaningful impact*

Avec plus de 4 000 consultants dans 30 bureaux en Europe, Sopra Steria Next, cabinet de conseil en management et transformation digitale du groupe Sopra Steria, œuvre chaque jour pour concevoir et déployer les projets et les transformations qui façonnent l’avenir. Dans un monde en pleine révolution — technologique, écologique —, Sopra Steria Next allie business et technologie pour créer de la valeur au-delà du simple aspect économique, en donnant du sens aux données, en innovant grâce à l’intelligence artificielle et en engageant toutes les parties prenantes à chaque étape. Grâce à cette vision et à son expertise, Sopra Steria Next accompagne ses clients dans la priorisation de leurs actions, pour un résultat concret et durable, pour eux, leurs employés, les citoyens et la Société dans son ensemble. Il s’agit de donner une impulsion tangible à ce qui compte vraiment, ce qui est essentiel.

* Impulsons l’essentiel, pour un impact positif.

Une Supply Chain circulaire à l’échelle : les Retex de Manutan et Orange

Les intervenants du webinar :

  • Photo d'Alexandra SAMYN

    Alexandra SAMYN

    Directrice des Opérations de l’économie circulaire

    MANUTAN

  • Photo de Jean-Claude CAQUELOT

    Jean-Claude CAQUELOT

    Directeur Performance et Projets Supply Chain

    ORANGE SA

  • Anaïs LEBLANC

    Executive Partner

    CITWELL 

La mise en place d’une Supply Chain circulaire à l’échelle industrielle est un défi majeur pour les entreprises. Lors d’un passionnant webinar, Manutan et Orange nous ont partagé leurs retours d’expérience sur cette transformation, qui repose entre autres sur une organisation adaptée, un dimensionnement logistique optimisé et des partenariats solides. Une approche structurée du sourcing et l’adoption d’outils de traçabilité sont également des facteurs clés de succès. Plongeons dans l’univers du reconditionné avec ces deux acteurs engagés dans l’économie circulaire.

Comment l’équipe économie circulaire s’intègre-t-elle dans une activité classique et déjà bien implantée ?

L’économie circulaire repose sur une organisation différente de la Supply Chain traditionnelle. Dans un premier temps, une équipe dédiée est nécessaire pour amorcer cette transition et tester de nouvelles pratiques sans perturber les opérations existantes. L’objectif est toutefois d’intégrer progressivement ces innovations dans l’organisation classique. Pour cela, les équipements sont centralisés au niveau national afin d’optimiser la gestion des compétences et maîtriser les risques.

« La cible est bien d’être absorbée par l’orga “classique” mais d’abord il faut innover à part »

Alexandra Samyn

Avec le temps, lorsque la maturité est atteinte, les processus circulaires doivent s’insérer naturellement dans la Supply Chain, garantissant ainsi leur adoption pérenne et efficace.

Le sourcing est un point clé de succès pour le reconditionné

L’Economie Circulaire vient bousculer la démarche S&OP en intégrant la contrainte de l’accès au gisement de produits ainsi que l’anticipation des volumes et de des capacités de production.

Manutan a développé une approche structurée dite road map de reconditionnement, afin de garantir un approvisionnement de qualité, mais il ne faut pas s’y tromper, un gisement à fort potentiel n’est pas obligatoirement un mobilier en très bon état. Le potentiel de récupération de valeur est l’un des 4 axes de décision de la road map, la décision est prise sur la base des éléments remontés par le responsable sourcing du groupe. Cette personne dédiée va vérifier les collectes potentielles sur le terrain afin de sélectionner les gisements le plus en amont possible.

Une collaboration forte avec différents acteurs (éco-organismes, brokers, clients) est également indispensable pour assurer la durabilité des approvisionnements. L’objectif étant d’accéder à des lots homogènes en grande quantité.

Dimensionnement du réseau logistique et multi-localité

Chez Orange, la stratégie logistique repose sur une organisation hybride :

  • Photo d'Alexandra SAMYN

    2/3 du stock est conservé localement pour simplifier la logistique et trier les équipements selon leur état.

  • Un hub de reconditionnement centralisé en France permet d’effectuer un diagnostic précis des équipements usagés.

  • La multi-localité est gérée au niveau national pour garantir une expertise centralisée et optimiser la logistique.

Cette approche permet d’optimiser la gestion des flux tout en garantissant un reconditionnement efficace. La logique du « test & learn » est essentielle pour ajuster ces processus en fonction des retours du terrain.

Partenariat et partage de la valeur en économie circulaire

Orange a mis en place un modèle de partenariat à long terme fondé sur plusieurs piliers :

  • Une grille tarifaire transparente.

  • Une boucle de retour d’information pour améliorer en continu les processus.

  • Une sous-traitance stratégique pour pallier le manque de compétences internes.

  • Une approche « pay-per-use » qui permet d’investir dans l’innovation et la recherche.

Ce partage de valeur permet de construire des relations durables et bénéfiques pour toutes les parties prenantes.

La mise en œuvre d’une Supply Chain circulaire repose sur des outils performants, notamment en matière de traçabilité et de pilotage des flux. La gestion rigoureuse des stocks et le suivi des équipements au numéro de série sont essentiels pour assurer la qualité et la rentabilité. La digitalisation de la Supply Chain circulaire est dès lors un pilier du passage à l’échelle

Pour en savoir plus et découvrir les détails de ces stratégies, le replay de l’événement est disponible pour les membres.

POUR visionner le replay

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  • Supply Chain circulaire : que retenir des premières expérimentations ?

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Calcul des Emissions CO2eq : retour d’expérience d’ALSTOM sur son scope 3

La transition vers une Supply Chain durable est un chantier de transformation stratégique pour de nombreuses entreprises. Pour y parvenir, il est nécessaire de maîtriser les données permettant de calculer ses émissions de GES et donc son empreinte.

C’est pour répondre à cet enjeu qu’une squad « Data CO2 » est née en 2024 au sein du LAB Digital & Technologies de France Supply Chain. Les travaux ont abouti à la production du livre blanc : « QUELLES DATA POUR LE CALCUL DES ÉMISSIONS DE CO2 DE LA SUPPLY CHAIN ? ».

Comme vous allez le voir au travers de l’exemple vidéo d’Alstom, cette publication a pour but de vous aider à passer à l’action. Même pour des entreprises avec un plus faible niveau de maturité, cet outil est utile afin de comprendre la maturité de votre calcul d’émissions GES et voir comment l’améliorer pour piloter votre trajectoire de décarbonation.

Les chapitres sont directement accessibles et visibles dans la timeline :

  • Chapitre vidéo

    00:00

    Les facteurs qui influencent le calcul

  • Chapitre vidéo

    01:00

    Mode d’emploi du guide

  • Chapitre vidéo

    02:36

    Exemple avec une fiche du guide

  • Chapitre vidéo

    05:00

    L’exemple d’ALSTOM et des transports

  • Chapitre vidéo

    05:45

    Quel Impact Carbone des transports dans l’Analyse Cycle de Vie des produits Alstom ?

  • Chapitre vidéo

    07:15

    Comment calculer les émissions sur la supply chain ?

  • Chapitre vidéo

    08:30

    Comment utiliser les travaux du livre blanc chez Alstom, notamment en ce qui concerne l’axe maturité pour le calcul des émissions de GES ?

  • Chapitre vidéo

    11:00

    Quelles sont les actions de décarbonation mises en œuvre chez Alstom et comment mesurer leur impact ?

POUR visionner le replay

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  • Photo de Ludovic Mendes

    Ludovic Mendes

    Senior Manager Opérations & Supply Durables chez I Care by BearingPoint, la BU Sustainability du cabinet BearingPoint

    Logo BearingPoint

  • Photo de Marc Ortlieb

    Marc Ortlieb

    Directeur Transport Monde chez Alstom

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