LA LETTRE DE FRANCE SUPPLY CHAIN #27 • Septembre 2022

LE BILLET DE LA SEMAINE
Par Xavier Personnic, Expert Go to Africa Xavier Personnic Consulting

« GO OR NO GO TO AFRICA » en tenant compte de l’impact géopolitique actuel sur les perspectives des économies africaines.

L’actualité de France Supply Chain ce mois-ci est la tenue du conseil d’administration le 22 septembre où il sera question des premiers résultats du lancement de France Supply Chain international. Ce dernier sera donc prolongé par une conférence « GO TO AFRICA » sur l’évolution des feuilles de route d’entreprises d’un point de vue chaine d’approvisionnement ou parts de marchés locaux.

Répondre globalement à toute question sur l’Afrique est une gageure.

Il convient de rester conscient de l’étendue d’un continent plus grand que la surface cumulée des Etats Unis, de la Chine, de l’Inde, du Japon et l’ensemble de l’Europe de l’Ouest communautaire avec le Royaume Uni.

Également il s’agit de prendre en compte, pour les 55 pays, la disparité de taille, de population, de gouvernance politique et bancaire, de vie de la religion, d’autosuffisance alimentaire, d’accès à la mer, de réserves de matières premières « mondiales », de la surface de terres arables et forêts, de maturité en transport & logistique …

Cela étant on peut analyser quelques conséquences de sujets impactant tous les pays, même diversement.

  1. La dégradation de la situation économique interne chinoise avec sa politique « Zéro Covid » qui malgré des excédents commerciaux records, a conduit à un ralentissement des investissements et prêts en Afrique, majoritairement sur des projets d’infrastructures.
  2. La guerre de la Russie contre l’Ukraine, non reconnue comme telle par la majorité des états africains, touche diversement les pays. La faiblesse des exportations de céréales pénalise surtout l’Afrique du Nord avec en tête l’Egypte, alors que la pénurie d’engrais touche surtout l’Afrique subsaharienne.
  3. A date, le Covid a eu moins d’impacts directs qu’en Europe excepté en Afrique du Sud. Plusieurs raisons ont été avancées sans conclusions claires (jeunesse de la population, moyens de lutte contre les épidémies connues, résilience des populations, …). En revanche, l’attention qu’ont dû porter la majorité des groupes internationaux au pilotage de leur Supply Chain, dans leurs géographies principales, les a conduits à mettre en attente nombre d’investissements en Afrique. Pour mémoire l’Afrique ne contribue qu’à environ 3% au commerce mondial, « ceci expliquant cela ».
  4. Le réchauffement climatique devenu incontestable et les perspectives démographiques à 25 ans (une génération pour passer de 1,2 milliards d’habitants en Afrique à 2,5 milliards hors « catastrophe ») amèneront inéluctablement des déplacements massifs de population. L’enjeu de l’Europe, qui reste le premier partenaire commercial de l’Afrique, est de contrôler ces mouvements et donc de déployer des programmes d’investissements (enveloppe en cours de déblocage) en co-construction avec des investisseurs / entités locales pour éviter des migrations incontrôlables. Ces co-constructions devraient favoriser l’implantation d’industries de substitution aux imports régionales sur un modèle inspiré de la communauté européenne. Celles-ci imposent une Supply Chain intracontinentale de qualité qui a bien progressé sur les infrastructures portuaires hormis la multimodalité containers mais qui restent globalement faibles en infrastructures logistiques avales (entrepôt et distribution secondaire en corridors ou sur des voies transversales à créer). La faiblesse tient autant du manque de moyens que d’acteurs pour une concurrence saine.

En conclusion, il est difficile de tirer une prévision de développement global, mais nous constatons depuis quelques mois une relance d’études de feuilles de route d’entreprises françaises et européennes. Même si les financements restent chers, vont le rester durablement et sont limités face à un besoin d’investissement énorme, des opportunités existent. Il convient donc de trouver un chemin entre un « afro optimisme » teinté de naïveté et un « afro pessimisme » reflétant une méconnaissance des économies locales. C’est tout l’enjeu des discussions à mener lors de la conférence du 22 septembre et à travers les Chapters Afrique de France Supply Chain International !


À NE PAS MANQUER
La Supply Chain au cœur de l’Afrique

Se développant à l’international avec une vingtaine de chapters, France Supply Chain International décide de faire le point sur la zone Afrique le 22 septembre à 18h30.  Au cours de cette soirée “GO to Africa”, plusieurs intervenants éclaireront la situation de la Supply Chain sur les économies locales d’Afrique.


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